Innover au quotidien, un exemple en maternelle

Innover ce n’est pas forcément bouleverser toute sa classe de A à Z, c’est parfois opérer un petit changement, faire une expérience, s’emparer de quelque chose de nouveau ou regarder sous un autre angle un élément déjà présent spontanément pour lui faire prendre une autre dimension…
C’est le cas de Monique Ducroux qui a créé pour ses élèves de PS un livret d’identité pour les aider à mieux se connaître et qui au final découvre que c’est un support plus riche qu’il n’y paraissait au départ…

Depuis que j’ai des Petits, je fais un livret d’identité grâce à la participation créative des parents. Une partie est faite en classe, puis tout ce qui concerne la "vie privée" est fait à la maison. Ce livret que je voyais surtout comme un support permettant de se connaître et de se définir à un âge où l’on a encore du mal à imaginer une relation à l’autre, est devenu un support de langage infini, un objet transitionnel réconfortant et une marque du temps qui passe.

Support de langage car les enfants s’en emparent, se comparent, et vont le présenter à tout nouvel adulte qui arrive dans la classe. Je n’interfère pas beaucoup dans ces discussions sauf quand l’enfant souhaite me le présenter. C’est un échange entre pairs d’abord, qui donne à l’enfant la possibilité d’utiliser le langage qu’il maîtrise et de s’enrichir des expressions des autres. Il vérifie qu’il est bien compris, ajuste son langage en fonction des réactions de l’autre. C’est un échange avec l’adulte qui pose des questions supplémentaires et tente de l’emmener plus loin dans ses explications.

Ils prennent aussi les livrets des copains, se posent des questions sur ce qu’ils y voient, leur posent des questions. Les différences culturelles ou familiales se partagent, se rencontrent : maman voilée, papa absent, nourriture inconnue, jouets différents, plan de chambre, ce qui fait peur, ce qui fait rire, couleur des yeux, longueur des cheveux…


C’est aussi un objet transitionnel car en cas de petit chagrin, de fatigue, l’enfant va chercher son livret dans lequel il trouve une représentation de sa famille, un image ou une photo de son doudou, de son animal préféré… J’ai vu un jour une petite fille assise sur son livret, c’était pour elle une façon de l’avoir tout près, rien que pour elle.

Enfin marque du temps qui passe car regarder en juin le livret qui a été rempli en octobre permet de mesurer que certaines choses ont changé, que pour se coucher on n’a plus forcément besoin de la sucette ou du doudou, que l’on a changé de goût, que la famille s’est agrandie…

Mes collègues envisagent de le poursuivre les années suivantes et dans ma future école où il a été démarré grâce aux documents trouvés sur le blog, nous avons le projet d’ajouter des pages chaque année de façon à marquer encore plus ce temps qui passe et permettre aux enfants d’aller plus loin dans leur connaissance et définition d’eux mêmes et de leurs camarades.

Monique Ducroux
son blog

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