Pourquoi il ne faut pas boycotter le LPC

arbre41Le collectif “résistance pédagogique” vient de publier un “engagement collectif à boycotter le LPC” en fin d’année, pour les trois paliers de la scolarité obligatoire (CE1, CM2, 3ème). L’argumentaire dénonce pêle-mêle un LPC incompréhensible, inutile, absurde et dangereux. Le SE-Unsa dénonce cet appel basé sur une analyse biaisée, amalgamant complètement les compétences et l’entreprise, confondant la tâche de validation et l’évaluation, dénonçant le bachotage lié au socle (??) sans interroger les pratiques actuelles de préparation aux examens, alors que le fonctionnement actuel de l’école conduit à la reproduction et au renforcement des inégalités sociales.

On se demande pourquoi ces organisations qui souhaitent oeuvrer pour le bien des élèves ne disent rien sur l’obligation régulière et ancrée de remplir des bulletins scolaires à partir de notes et de moyennes, saisies informatiquement, inscrites dans le dossier scolaire, qui sont de vrais outils pour le tri et le “fichage” réel des élèves dans leur scolarité, alors que le LPC tel qu’il se présente n’a qu’une incidence faible sur la scolarité des élèves et l’inscription dans le dossier scolaire. On se demande comment ces organisations considèrent que le socle commun est l’instrument du tri scolaire et social (alors qu’il doit être garanti à tous…) bien qu’il ne joue aucun rôle dans l’orientation des élèves. Certes, on peut critiquer, et nous le faisons, la mise en oeuvre du socle commun, la pertinence et l’organisation du LPC, mais l’instruction à charge ne conforte ici qu’un modèle scolaire qui renforce les inégalités,  sans interroger en profondeur les causes de l’échec scolaire, du décrochage, qui ne datent pas du socle commun… Où est leur voix sur ces sujets-là ? Les auteurs de ce boycott (qui rassemble au total 600 signatures) méprisent-ils ainsi le travail pédagogique engagé par les collègues autour du socle commun, qui ont su se saisir du socle commun de compétences sans en faire une usine à cases, pour évaluer positivement les élèves, pour introduire un dialogue fécond entre le disciplines ? A travers cette attaque du LPC, ces organisations visent en fait le socle commun qu’ils souhaitent voir disparaître et renoncent à l’ambition de garantir à chaque élève ce qu’il est “indispensable de maîtriser pour accomplir avec succès sa scolarité, poursuivre sa formation, construire son avenir personnel et professionnel et réussir sa vie en société”.

Où en est-on avec le LPC ? Pour le session 2013 du DNB, et en attendant la redéfinition du socle commun et de son évaluation, le ministère a simplifié la validation du LPC. La note de service (septembre 2012) précise que «seule la validation des compétences est obligatoire :

• dans le cas des élèves ne rencontrant pas de difficultés particulières, l’évaluation de la maîtrise progressive du socle repose uniquement sur la validation des compétences, sans que soit exigé le renseignement des domaines et des items du livret personnel de compétences ;

• lorsque l’acquisition d’une compétence est incertaine, les équipes pédagogiques ne renseignent que les domaines et non plus les items pour la compétence concernée».

Bref, l’usine à cases, c’est fini, à condition que les instructions soient bien arrivées dans les établissements.

Pour le SE-Unsa, cette simplification est bienvenue. Les équipes pédagogiques qui ont pris en main le socle commun peuvent continuer à travailler les compétences des élèves en s’appuyant sur le LPC. Cette simplification permet d’éviter les dérives d’un émiettement de l’évaluation et prend les items pour ce qu’ils doivent être : une description et un contenu de la compétence. L’enjeu est désormais de définir des compétences didactisées qui s’appuient sur des situations d’apprentissage complexes. La réécriture du socle commun et du programme de formation des élèves va s’engager avec le Conseil Supérieur des Programmes. Le SE-Unsa oeuvrera pour une cohérence forte qui permettra la mise en oeuvre effective du socle commun et facilitera le travail des collègues, coincés par des injonctions contradictoires. Nos propositions sont connues et partagées par le collectif “socle commun, promesse démocratique”.

http://www.se-unsa.org/spip.php?article5700

Le socle commun est une opportunité pour renouveler la pédagogie, repenser la place des savoirs et de leur construction dans et hors l’école, pour une école et un collège qui valorisent les élèves dans leurs apprentissages et ne les enferment pas dans l’échec et le cumul des difficultés.

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