Ouvrons le chantier du collège !

Lieu de souffrance pour une grande proportion d’élèves et pour leurs enseignants, le collège peut devenir un lieu d’épanouissement et de réussite à condition de réviser drastiquement les principes qui le régissent.

Imaginer le collège de demain, tel est le défi que nous vous invitons à relever.

Le chantier est ouvert, et tout, ou presque, est à repenser et à (re)construire. Il ne s’agit pas, ici, de proposer un rafistolage de l’existant, et de continuer à soutenir les logiques contradictoires qui traversent et fragilisent le collège actuel. C’est pourquoi nous vous proposons d’engager simultanément la réflexion dans quatre directions qui nous paraissent autant de leviers pour construire le collège du socle commun :

les contenus d’enseignement

le rôle et les modalités de l’évaluation

l’organisation du temps et du travail des élèves

les missions et le travail des enseignants

A chacun de ces quatre thèmes correspond un espace dédié sur lequel vous pouvez déposer vos commentaires, analyses, témoignages et propositions. Ces contributions alimenteront la réflexion collective sur l’avenir du collège. Le SE-Unsa s’appuiera sur ce travail mené en commun pour dégager des propositions concrètes au service de la réussite des élèves et de l’amélioration des conditions de travail des personnels.

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3 réponses à “Ouvrons le chantier du collège !

  1. Bonjour à tous,

    la démocratisation de l’Ecole arrive aujourd’hui à un tournant de son histoire. En effet, la réforme Haby, qui a été pensée dans un contexte économique et sociétal extrêmement différent du contexte actuel et donc comme un petit lycée, se heurte aujourd’hui aux réalités d’une crise durable des sociétés postmodernes. 20 % des élèves, aujourd’hui en France, sortent du collège sans maitriser les savoirs fondamentaux, 150 000 élèves sortent du système scolaire sans qualification.
    Travaillant depuis dix ans autour des questions du grand décrochage scolaire, je suis persuadé que la refonte du système scolaire est indispensable et aidera un pays qui doute de ses principes fondamentaux à retrouver une perspective. Cela aidera sans doute à donner un cap à une jeunesse déboussolée, qui n’est observée qu’à travers un prisme stigmatisant, à s’investir dans le sens d’un avenir possible.
    Cette refonte, comme vous l’indiquez fort bien, passe par une réflexion de fond et non par une juxtaposition de dispositifs et de réponses pointant certains élèves ou certains parents : les « decrocheurs », les « incasables », les « inadaptés », les « incapables », les « dépassés » etc….
    Une école dynamique se doit d’être inscrite en accord avec son temps. Ainsi, le temps de la sacralisation ne résiste pas au monde de la transparence, de l’immédiateté, de l’accès à tout le plus rapidement possible. La modernité se heurte à la tradition…

    Il faut effectivement réfléchir à la prise en charge de l’élève dans sa globalité et avec les contradictions propres à nos sociétés occidentales à savoir l’individualisation de la trajectoire scolaire de l’élève dans un système de masse.
    Pour travailler à cette individualisation tout en conservant notre fabuleux service public d’éducation, il faut transformer notre façon de voir l’enfant. L’élève est un enfant avant d’être un élève, l’idée est ici de l’observer dans sa complexité et non selon une norme scolaire qui aujourd’hui montre ses limites.
    Ainsi, cette vision passe par une transversalité, une pluridisciplinarité du regard qui place l’élève dans la société et non dans une scission entre école et société. L’élève doit donc être « pris » dans toutes ses dimensions ( social, environnemental, scolaire), cela impliquant un travail transversal et partenarial fort dans et hors l’Ecole.
    L’idée est de créer autour de l’enfant un continuum éducatif en donnant une vraie légitimité d’intervention à chacun (parents, communauté éducative scolaire, intervenants périscolaires), l’Ecole venant s’intégrer dans la vie de l’enfant et non être un lieu où l’enfant ne se reconnait pas.
    Passer de la « co-errance » à la cohérence des modes d’intervention autour de l’enfant est une priorité nationale absolue et cela effectivement passe par une réflexion globale sur ce qui est proposé aujourd’hui à l’élève au sein de l’Ecole.

    Le rôle et les modalités de l’évaluation, l’organisation du temps et du travail des élèves, les missions et le travail des enseignants mais aussi les contenus d’enseignement constituent des axes de travail fondamentaux mais nous pouvons nous poser les questions suivantes: qui intervient dans l’Ecole ? Pourquoi voit-on aujourd’hui l’Ecole en partenariat avec des forces coercitives et non avec des professionnels travaillant le projet global de l’enfant dans une optique de valorisation de ce dernier et non de répression? Comment l’Ecole peut-elle se mettre en accord avec les réalités du monde actuel tout en étant un espace de construction du savoir?

    Les questions sont multiples, les acteurs de l’éducation ont compris que l’avenir de ce pays passe, comme le suggérait la loi d’orientation de juillet 1989 pour l’élève, par le fait de positionner l’Ecole et plus largement la question de l’Education au centre de toutes nos préoccupations.

    Cela implique une volonté politique forte d’en faire réellement une priorité absolue en investissant massivement dans les années à venir dans l’action sociale comme le font les pays scandinaves.
    Les messages de communication et les volontés affichées dans les grands médias ne suffisent pas à nous faire oublier que la politique actuelle (suppression de dizaines de milliers de postes, suppression de la formation des enseignants via la mastérisation…) va dans le sens d’un démantèlement de notre service public d’Education.
    L’idée sous-jacente est, à la mode anglo-saxonne, de faire appel aux ressources du privé pour pallier aux manques de la force publique. Il en va de soit que ces ressources privées ne seront accessibles qu’aux plus aisés d’entre nous.

    Bien à vous

  2. Les questions de vie scolaire sont très peu abordées, non ? Pourtant les premières lignes de l’article parlent de lieu de souffrances pour les élèves et leurs enseignants. Que faire face au comportement inadmissible de certains de nos élèves qui mettent par terre les classes où ils sont scolarisés?

    Amitiés syndicales

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