Contribution "limousine" pour un "collège pour tous"

Le 16 décembre 2010 a été organisé à Limoges un stage sur le collège en présence d’Antoine TRESGOTS, délégué national lycées-collèges du SE-Unsa. 45 collègues étaient présents et représentaient l’ensemble des « sensibilités » du collège (certifiés, agrégés, CPE, documentalistes, PE, collègues de SEGPA (PE et PLP), PLP en 3 DP6, ..)

Huit groupes ont travaillé sur quatre thèmes différents.

Voici les contributions « limousines » pour un « collège pour tous » classées par thèmes. Beaucoup d’idées « transversales » se retrouvent dans plusieurs rubriques.

1. Les contenus d’enseignement :

Le travail par compétences devra être accompagné d’une refonte des programmes spécifiant quelles compétences du socle commun doivent être acquises à chaque étape de la scolarité. Il faudra alors se poser la question de l’évaluation de ces compétences : comment, quand, par qui ?

Aujourd’hui, le collège apprend à nos élèves à s’approprier des savoirs. Travailler par compétences permettrait de travailler sur les savoir-faire, éléments essentiels. Dans cette optique, il faudra veiller néanmoins à garder une place aux savoirs.

Une idée forte proposée par deux des groupes : tout en gardant la spécificité de chacun, que les programmes puissent être définis à l’aide de grands thèmes transversaux, qui permettraient aux collègues de travailler en co-intervention sur une ½ journée par exemple. (Franc + HG sur l’étude conjointe d’un livre, maths + sciences physiques + technologie sur l’étude d’un concept scientifique). Le travail interdisciplinaire est privilégié par rapport à une refonte des disciplines en grands pôles.

Renforcer la place des CDI dans les collèges et exiger la présence d’une documentaliste « statutaire » dans l’ensemble des collèges (ce n’est pas le cas dans bon nombre de petits collèges ruraux limousins !)

Un travail interdisciplinaire renforcé doit permettre de donner du liant aux disciplines et permettre un passage plus facile de l’école au collège. Tous ces bouleversements induisent un renforcement du travail en équipe, de la concertation et du temps « statutaire » devra être dégagé dans l’emploi du temps des enseignants (15 + 3, 16 +2, 17 + 1 ???). Par ailleurs, on ne peut décloisonner ces problématiques de celle de l’emploi : il faudra stabiliser les postes sur les établissements en limitant les compléments de service pour une implication réelle et effective des collègues dans leur collège.

Passer de la théorie à la pratique, favoriser la manipulation, l’expérimentation, la construction,  mener un travail, un projet avec une réalisation concrète « au bout », faire le lien avec les savoirs enseignés… Enfin, revenir à un enseignement plus concret et en prise avec la réalité, où l’élève serait bien plus acteur de ses apprentissages.

2. Rôle et modalités de l’évaluation

Rôle de la note :

  • Evaluer l’élève de façon chiffrée sert aussi à répondre à une demande : c’est une référence forte des parents.
  • La note est un point de repère nécessaire à certains moments de la scolarité : entrée en 6ème, fin de 3ème, plus généralement peut-être sur des évaluations de fin d’année.
  • La note sert à évaluer uniquement la performance : de l’individu quel qu’il soit (l’élève, le professeur) mais aussi du système !

Modalités de l’évaluation :

La note chiffrée garde une utilité. Mais elle ne permet que très partiellement d’apprécier les progrès de l’élève. Elle peut ainsi se rendre très contre productive en renvoyant une image de soi très négative.

L’évaluation par compétences (acquis/en cours d’acquisition/non acquis) est une évaluation plus constructive, plus individualisée, qui évite de se juger par rapport au groupe. Il est ainsi plus facile de se construire (principe de l’auto évaluation à encourager) et de construire ses savoirs et ses savoir-faire.  L’évaluation par compétences permet en outre une évaluation plus précise et pourra induire une remédiation plus adaptée.

Fort de ces réflexions, le groupe a proposé d’éliminer totalement la notion de notes en 6ème et 5ème pour ne garder qu’une évaluation par compétences, puis un système dual sur les deux dernières années du collège. (La notion de note chiffrée aura une pertinence dans le cadre de l’orientation)

Un questionnement est apparu dans le groupe sur la question du redoublement : ce dernier apparaît dans trop de cas inefficace. D’où la nécessité de prendre appui sur des évaluations formatives, utiles pour vérifier la maîtrise d’une connaissance ou d’une compétence puis de déclencher de l’aide individualisée pour les élèves en difficulté. Tout ceci impose une définition du groupe classe plus souple et des personnels spécialisés pour pouvoir travailler avec ces élèves en parallèle.

Enfin, le DNB, dans sa forme actuelle, peut être supprimé : il ne s’appuie pas sur le socle commun, ne valide pas l’acquisition de compétences et les épreuves écrites (franc, maths, hg) ne sanctionnent qu’une partie des connaissances. Malgré tout, la logique du socle s’avère insuffisante pour déterminer une orientation raisonnée de l’élève et l’orientation devra s’appuyer sur des outils chiffrés.

3. L’organisation du temps et du travail

Tout d’abord, respecter  l’alternance 7 semaines de cours 2 semaines de vacances avec des vacances de Toussaint de 15 jours. Par ailleurs, le rythme hebdomadaire de 27 h doit être la règle en cassant le cadre 1h/1 salle/1 prof. La journée de cours étant trop lourde, le modèle de l’école primaire pourra être privilégié : 3 heures le matin et 3 heures l’après-midi. En fin de journée (après 16 h 00), il faudra garder une heure « pour tout le monde » afin de faire les devoirs. On pourrait même imaginer pour les élèves les « moins en besoin », un système de tutorat où les « meilleurs » aideraient les plus faibles.

Pour les 6èmes, dégager un temps d’accueil le matin, 2 heures par semaine (1 h le lundi + 1 h le jeudi) pour vérifier les leçons et apprendre à devenir autonome.

Dégager un vrai temps du « midi – deux » (2 h de pause) avec possibilité d’ateliers, de foyer, de club, de CDI en libre accès…

Multiplier les formes (groupes, ateliers interdisciplinaires, dédoublement, cours…) et multiplier les rythmes des cours : 55 min minimum (descendre en dessous ne semble pas pertinent),  1 h30, 2 h… La notion de groupe classe doit être amenée à évoluer.

Dégager dans la semaine 1 heure où tous les profs n’ont pas d’élèves afin de pouvoir faire de la régulation, concertation, projet en cours… dans le même temps prévoir un temps de régulation hebdomadaire avec les élèves. (Rejoint une idée précédente sur le temps d’accueil matinal)

Pouvoir réaliser une remédiation immédiate en prenant en charge les élèves en petits groupes avec des enseignants spécialisés du 2nd degré (type enseignants spécialisés 1er degré)

Des programmes allégés et des volumes horaires adaptés pour arriver à l’exigence des 27 heures, et en parallèle, dégager du temps sur les 18 heures des enseignants (15 + 3, 16 +2, 17 + 1 ??? déjà mentionné dans d’autres groupes) pour mener à bien l’ensemble des missions. Les réductions horaires des disciplines seront mieux acceptées si elles s’accompagnent d’une diminution du temps de cours global pour les enseignants. Cela n’engendrerait pas de classes supplémentaires pour l’enseignant et ne devrait pas permettre de suppressions de postes. Evidemment, la formation initiale et continue devra être opérante et bien plus importante qu’aujourd’hui.

La question de la place des options devra être tranchée : doivent-elles être incluses dans les 27 heures ou au-delà ?

La découverte professionnelle doit être incluse dans l’emploi du temps de tous les élèves.

4. Les missions, le service et la formation des enseignants.

L’idée forte qui ressort – et que les autres groupes ont déjà mentionnée – : intégrer les activités d’accompagnement dans le service. (coordination du travail en équipe, éducation à l’orientation, travaux interdisciplinaires, soutien, aide aux devoirs, …)

Cependant, toutes ces missions n’ont pas vocation à être pérennes sur l’année. Le soutien (avec des élèves que l’enseignant connaît pour éviter une coordination permanente), ou l’aide aux devoirs (avec des groupes adaptés) sont des temps d’apprentissage à mettre en place toutes les semaines. Mais, coordonner toutes sortes d’actions entre enseignants, ou mettre en œuvre de la formation à l’orientation (niveau 3ème), ou réaliser des comptes-rendus de stages, etc …. sont des missions plus ponctuelles qui pourraient être mises en œuvre par exemple sur l’heure banalisée que l’on voudrait voir dégagée pour l’ensemble des enseignants.

Le fait d’intégrer des PE au collège n’a pas été retenu. Par contre, qu’un enseignant puisse suivre une classe de la 6ème à la 5ème pourrait être préconisé. Afin de limiter le nombre d’enseignants sur ces niveaux – pour une meilleure adaptation des élèves au collège -, la notion de bivalence pourrait être mise en œuvre. Cette mise en place permettrait également de limiter le nombre de classe pour un enseignant et a été défendue en particulier par les collègues PLP. Cependant, cette notion ne fait pas l’unanimité et ne doit pas se mettre en place uniquement pour des questions d’ordre économique et «d’efficience» d’emplois. Elle doit répondre à une meilleure articulation entre les disciplines et donc entre les programmes (qui devront être pensés dans ce sens) et ne pourra être proposée qu’aux nouveaux enseignants ou à des enseignants volontaires, et sur les deux premiers niveaux du collège.

Un point important abordé à l’occasion de ce thème : l’allègement de travail pour les professeurs va de pair avec l’allègement des effectifs et le nombre d’élèves par classe. C’est un élément crucial dans la réussite des élèves mais aussi un aspect central lorsqu’on parle du temps de travail des enseignants. Il n’est plus possible d’une part de travailler avec tant d’élèves au collège (28 à 30 élèves par classe ne sont plus des données marginales de la 6ème à la 3ème). D’autre part, moins d’élèves diminuent la charge globale de travail de l’enseignant.

La formation professionnelle (initiale et continue) doit être renforcée et ne plus se limiter qu’à une formation quasi disciplinaire (pour la formation initiale). Il faut rétablir une véritable formation qui donne aux nouveaux professeurs les éléments nécessaires à la bonne gestion de la classe, à la gestion de l’hétérogénéité, à la psychologie de l’adolescent. Une idée déjà proposée précédemment : former véritablement les  enseignants au 2-CA-SH et rendre opérantes les missions de ces derniers, pour une meilleure prise en charge des différentes difficultés scolaires.

En espérant avoir restitué le plus fidèlement possible la teneur des débats et les conclusions des travaux des 8 groupes et encore merci à Antoine pour l’animation de cette journée.

Aurélie BATISSOU, Christophe QUINTANEL et Nicolas BALOT.

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