Le besoin de jouer n’est pas écrasé par l’obligation d’apprendre

Image: Stuart Miles / FreeDigitalPhotos.net

Christine Lemoine enseigne en maternelle et a créé le site Matern’ailes. Elle a gentiment accepté que soit publié ici un de ses articles où elle décrit une façon originale d’organiser les ateliers dans sa classe…

Pratiques courantes

L’enseignant rassemble la classe pour présenter les activités en regroupement collectif.
Tous les élèves partent travailler en même temps sur les différents ateliers.
L’enseignant gère un groupe d’élèves à son atelier.

Dans la classe de Christine Lemoine

Les ateliers sont ouverts un par un avec les PS/MS, table après table, sans regroupement préalable. Les enfants volontaires s’inscrivent tandis que d’autres continuent de jouer. Ces derniers rejoignent les ateliers dans un second temps.

Cela permet de :
– Développer un rapport positif aux apprentissages.
Le besoin de jouer n’est pas écrasé par l’obligation d’apprendre. Avec cet équilibre entre jeux et apprentissages, l’enfant peut continuer d’être curieux d’apprendre.
– Mettre en oeuvre un temps de langage.
Nous prenons le temps de construire ensemble la consigne, sans la pression du grand groupe (Voir « Le langage scolaire »). Les élèves s’exercent à l’échange collectif au sein de l’atelier, avec des enfants concernés. Ils engrangent petit à petit les mots de l’école, ses attentes, les mots des autres que la petitesse de la structure nous permet de faire émerger ou entendre. Certains apprennent à expliciter, quand d’autres s’approprient une posture d’élève.
Indirectement, cela permet de proposer des ateliers plus complexes, des ateliers échelonnés ou des situations problèmes qui demandent une mise en oeuvre plus attentive, dans la proximité.
– Diversifier les modes d’entrées dans l’activité
Les élèves les plus scolaires s’inscrivent tout de suite. Ceux qui jouent se déplacent, observent l’activité se dérouler « en vrai », mesurent l’enthousiasme des autres. Rassasiés des coins jeux, ils s’engagent bien souvent à leur tour. Enfin, des enfants ne s’inscrivent pas d’emblée aux ateliers. Ils entreront dans l’activité à ma demande et bénéficieront de toute mon attention.
Trois types d’entrées sont générées : une entrée volontaire et culturelle de celui qui adore l’école, qui y est préparé et comprend déjà beaucoup, une entrée volontaire et vicariante de celui qui a observé et analysé par lui-même l’activité, une entrée imposée et tout particulièrement accompagnée de ceux que l’école n’intéresse pas… encore.
– Optimiser le temps scolaire
Tous les enfants ont accès aux coins jeux et beaucoup bénéficient d’un accompagnement personnalisé dans l’activité scolaire puisque je n’ai pas à gérer 25, 30 élèves en atelier en même temps. Je suis plus efficace auprès de mon groupe parce que peu sollicitée par les élèves des ateliers autonomes en moins grand nombre. Avec ces élèves tout neufs de PS/MS, l’atelier autonome ne l’est jamais vraiment à moins de les visser sur une chaise avec une activité simple et répétitive du type « collage de graines ». Les apprentissages moteurs, mathématiques, sociaux, langagiers… sont bien plus riches à mes yeux au coin duploo, même si je ne maîtrise pas tout ce qui s’y passe.
Deux groupes d’élèves ont le temps de travailler avec moi sur l’atelier d’apprentissage.

Article de Christine Lemoine publié à l’origine sur Matern’ailes


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3 réponses à “Le besoin de jouer n’est pas écrasé par l’obligation d’apprendre

  1. Bonjour,
    Coucou Céline 😉
    Je me permets une visite guidée de mon site 😉

    J’ai fais le choix d’abandonner le regroupement collectif pour la passation de consignes en PS/MS, ce qui ne fait pas très « école »… en apparence seulement :
    http://maternailes.net/pratiques/regroupement/regroupement.html

    Ce dispositif pédagogique est un des rouages d’un ensemble plus complexe où le besoin de jouer ET le besoin d’apprendre trouve leur place, besoin d’apprendre, de progresser si difficile à respecter en maternelle ou l’extrême diversité traverse nos classes :
    http://maternailes.net/pratiques/organisation/organisation.html

    Plus de détail sur la place des coins jeux ici
    http://maternailes.net/pratiques/coinsjeux/coinsjeux.html

    @micalement
    Christine Lemoine

  2. ancienne praticienne (40 ans enseignement en maternelle) je rêve de voir la maternelle s’ouvrir plus vers des ateliers plus aérés ,en complément de ce choix libre : activités ludiques et
    des apprentissages fondamentaux .Un lieu sécurisé, aux propositions d’activités ludiques de plein air, permettant aux enfants d’agir d’apprendre et de s’aérer au gré de leurs envies et besoins serait bien venu :la concentration d’un grand nombre d’enfants dans une classe n’est pas
    source de bonne santé et de bonnes habitudes …
    Inventons un lieu de vie où jeux,,apprentissages en extérieur et intérieur se conjuguent avec plaisir et choix de l’enfant: des jours avec,des jours sans etc… .Il faut du personnel aux services des apprentissages mais surtout des besoins essentiels des enfants .Aujourd’hui la diversité demande une diversité de propositions,
    une adaptation permanente de nos pratiques souvent repensées…..
    bon courage pour ce métier passionnant.
    amicalement
    Eliane

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