Préparation de la première interview augmentée

Quelle École faut-il construire pour la réussite de chacun ? 

C’est le thème de l’interview que nous ferons le 7 décembre prochain avec l’historien de l’éducation Claude Lelièvre.

Nous sollicitons votre participation à cette interview, vous pouvez :

– poser vos questions à Claude Lelièvre

– faire part de vos réflexions sur le sujet

Pour cela 3 moyens sont à votre disposition :

– les commentaires de cet article

– notre page Facebook

– Twitter avec la balise #bouge 2012

Retrouvez la description du dispositif complet dans cet article.

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13 réponses à “Préparation de la première interview augmentée

  1. Merci de nous proposer cette tribune. Je pense en effet que les gens du terrain ont des idées mais peu de moyens pour les exprimer. J’entends par « gens du terrain », enseignants et parents d’élèves que je pense qu’il faut intégrer largement dans le débat.
    L’école est à repenser. A repenser pour l’enfant du 21ème siècle et non pour l’enfant « idéal » du début du 20ème siècle, tel qu’il existe dans l’imaginaire collectif.
    J’ai publié sur mon blog une video de Ken Robinson qui en explique les enjeux mieux que je ne le ferais. Elle montre bien, d’autre part que ce débat dépasse largement le cadre de la France …
    http://chosesetautres.over-blog.com/article-du-paradigme-de-l-education-par-ken-robinson-89776861.html
    Une première proposition concrète que je ferais serait de supprimer les niveaux de classes par âge. J’ai lu quelque part il y a bien longtemps (sous toute réserve, peut-être dans un ouvrage de François de Closets) que les enseignants ne devraient pas connaître l’âge de leurs élèves et c’est vrai. Le rôle de l’école est de prendre l’enfant là où il en est et non là où est est censé en être selon ce qu’on quelques « experts » ont décidé en fonction de sa date de naissance.
    Pourquoi un élève de 8 ans ne pourrait-il pas suivre sa formation mathématique et artistique avec des enfants de 10 ans et l’apprentissage de la lecture ou de l’orthographe avec des enfants de 6 ans?
    Pas facile à mettre en place, c’est sûr, mais mettons nous ensemble pour penser et favorisons la pensée divergente!
    Les enfants sont énormément sollicités de toute part dans la société actuelle. Il est impossible de les faire entrer dans des cases prédéfinies.
    Voilà pour ma 1ère intervention.
    Je reviendrai car j’ai plein d’autres sujets à aborder:
    – le temps scolaire,
    – la formation des maîtres,
    – les programmes,
    – la prise en compte des TIC,
    – etc.

  2. Merci de nous permettre de prendre la parole.

    L’École dont je rêve est d’abord et avant tout un lieu. un lieu de vie d’échange, de partage. Un lieu qui soit au cœur de la Cité (au sens étymologique du terme, bien-sûr), qui lui soit ouverte. Une école qui soit un projet architectural, pédagogique et citoyen.
    Ce serait une école qui pourrait accueillir des spectacles, des expositions, des activités culturelles, des cours d’éducation populaire…

    Il y aurait dans cette école des salles modulables, des lieux de tailles différentes, aménageables facilement selon les nécessités pédagogiques. Des lieux de parole, de réunion, de circulation, de détente. Ce serait une école dans laquelle on serait heureux de se trouver, un établissement de taille humaine.

    Il faudrait pour cela des écoles qui soient construites dans une collaboration des acteurs : architecte, collectivité, enseignants, parents, élèves… et non pas des lieux livrés clé en main (après une vague consultation du « terrain » enseignant) comme celui que j’ai découvert cette année. Il est très beau, presque tout neuf, très moderne, très bien équipé, mais les salles sont trop petites, les couloirs trop longs, les lieux inidentifiables se ressemblent tous, les tables fixées au sol dans certaines salles ne permettent pas d’utiliser les outils informatiques comme ils devraient l’être…et il ferme ses portes à 17h.

    Je fais cours porte ouverte car j’étouffe dans ma salle de classe, malgré les baies vitrées.
    Cette salle a été conçue pour une pédagogie frontale, l’écran de vidéoprojection se trouve sur le tableau (il faut choisir, l’un ou l’autre, mais pas les deux !) et si j’avais la velléité d’utiliser un des deux TNI qui dorment en réserve, je devrai renoncer au tableau à jamais. Or je veux être libre !!!!
    J’aime qu’il y ait des choses écrites au tableau, des petits dessins, projeter une vidéo et regarder un élève utiliser un feutre dans un arrêt sur image, utiliser un TNI dans le même temps,.. et je ne peux pas…… parce que le lieu ne me le permet pas.

    Alors , si on devait changer quelque chose, parmi les mille et une choses que j’aimerais voir changer dans cette École, c’est la façon dont on la bâtit.

    Je ne suis pas certaine que cela soit très difficile à faire, ni coûteux (sauf peut être en amour propre, pour ceux qui ne seront plus les seuls à prendre les décisions). Alors ? Chiche ?

    • Super, Mila ! 100 fois « oui » pour cette ouverture. Nous tentons cela, avec l’ADEP, mais en dehors des établissements faute d’être légitimes à y entrer. Rencontres mensuelles parents-enseignants-amis de l’école…

  3. Alors qu’on voit se profiler des propositions dérégulatrices, comment conserver un cadre national cohérent assurant l’égalité de traitement sur le territoire mais aussi la cohérence éducative? Si l’on considère que l’école ou l’établissement doit pouvoir disposer d’une réelle autonomie, c’est avec quelle marge (compte tenu des exigences de cohérence) et surtout quels outils?

    À cet égard, on voit bien qu’il faudra reconstruire (le plus vite sera le mieux) une véritable formation initiale des enseignants et personnels d’éducation, mais quid de la formation continue? Si l’offre doit être variée, ne faut-il pas pourtant développer des formations sur site permettant d’armer, dans leur diversité, les équipes pédagogiques (et à tout le moins de permettre leur constitution réelle)?

    Comment aussi concilier cette autonomie et l’intégration dans un projet éducatif territorial (sachant que, sur un même territoire, plusieurs écoles ou établissements peuvent développer des projets spécifiques intéressants mais différents dans leur nature ou leur logique les uns des autres)?

    Enfin, au-delà de l’outillage pédagogique et des conditions d’enseignement (du « matériel » au taux d’encadrement), n’est-il pas urgent de repenser fondamentalement les articulations du système scolaire autour de deux grandes périodes: l’éducation fondamentale commune à tous avec l’obligation de résultats sur les éléments d’éducation (je n’ouvre pas ici une querelle de vocabulaire) que tous doivent acquérir; une période de formation différenciée avec une articulation mieux pensée de lycée à l’université? Il ne s’agit ni d’«universitariser» le lycée, ni de «secondariser» les premiers cycles universitaires mais de penser une continuité intégrant le saut «dialectique» (et socialement symbolique) que représente le bac?

    Il va de soi, cher Claude, que j’attends impatiemment les réponses !

  4. Et si les résultats des élèves dépendaient de la motivation des enseignants ! Et si la reconnaissance des enseignants passait par une évaluation remontante :
    – les parents, les élèves donnant leur avis sur le travail de l’enseignant dans une sorte d’enquète de satisfaction en fin d’année qui servirait de base à l’évaluation annuelle de l’enseignant sans en être totalement tributaire, une sorte de bilan de service rendu entrant pour moitié dans l’évaluation,
    – les enseignants donnant leur avis sur leur directeur, chef d’établissement, inspecteur dans le même style
    Je pense que si nos élèves avaient la possibilité de dire ce qu’ils pensent de leur enseignant, celui-ci se sentirait soit motivé et soutenu et son travail reconnu, soit contraint à s’intéresser au bien être en général des élèves et à la qualité du service rendu ce qui pourrait améliorer considérablement les climats de classe et donc les résultats ! De même pour les supérieurs hiérarchiques, qu’ils se sentent observés, évalués par leurs administrés changerait sûrement la donne en terme d’équipe (fini les petits chefs qui nous plombent le moral ou détruisent la foi que nous pouvons avoir en l’Ecole !!)
    Il est urgent d’avoir confiance et de la mériter !!!! Et ce à tous les échelons de cette grande maison !

    Ensuite, il faut revoir la formation ou le recrutement des nouveaux enseignants !
    Quelles sont leurs réelles motivations pour devenir enseignants ?
    Pourquoi ne pas envisager une sorte de compagnonage de formation : un enseignant confirmé (création de postes déchargés de classes dans chaque circonscription pour accompagner 4 nouveaux enseignants (un jour par enseignant) afin de former sur le terrain, postes proposés aux enseignants confirmés ce qui aurait aussi le mérite de valoriser ceux ci en deuxième moitié de carrière ! Et déchargeant aussi les conseillers pédagogiques qui pourraient se concentrer sur la formation continue)

    Quelques pistes de réflexions pour un programme électoral ? Oui et non, juste une envie de mettre vraiment l’enfant au coeur du système, de continuer à exercer le meilleur métier du monde, d’en être vraiment fière et d’en mériter la fièreté du monde politique et et de l’opinion publique.

  5. Bonsoir à tous,
    En cette fin de trimestre, plusieurs réflexions en sortant des premiers conseils de classe :

    – Arrêter avec cette histoire de « moyenne générale » : au dessus de 10 ça irait, en dessous, « oh là là , non il peut pas passer en seconde …. » Ce qui implique donc la suppression de la note chiffrée et de la moyenne par discipline. Le socle commun de connaissances et de compétences peut être un outil d’appui vers cela même s’il reste imparfait !

    – L’école doit être le lieu de rencontre de différentes synergies : les profs, bien sûr, les élèves évidemment, les parents, la COP, l’assistante sociale, l’infirmière scolaire … Il est de plus en plus dur d’associer ces partenaires, faute de temps le plus souvent ou parce qu’ils n’existent plus ! Mon collège, ancienne ZEP rurale dans les années 1990, n’a jamais eu d’assistante sociale en son sein. Un infirmière y a été nommée après de longues luttes avec les parents !

    – L’école doit s’ouvrir sur la cité comme le dit Mila et pas seulement le jour de la portes ouvertes ou de l’accueil des 6ème ! Espace Rencontre avec l’Oeuvre d’art (EROA), accompagnement éducatif, … sont des moyens de faire (re)venir les parents vers l’école. J’ai toujours trouver vain de demander aux parents de « suivre » le travail scolaire de leur enfant sans leur expliquer comme s’y prendre pour faire réviser une leçon, faire un exercice. La place de parents me semble assez inconfortable dans le monde scolaire actuel (et je l’écris d’autant plus facilement que je ne suis pas parent ! )

    – Tout cela passe par la refonte totale du statut des enseignants : depuis 1950, le monde a changé et l’école doit se mettre à jour. La société doit reconnaître et être claire sur les nouvelles missions qu’elle demande à l’école et faire évoluer le métier d’enseignant en conséquence : cela passe sûrement par une revalorisation salariale mais aussi par une redéfinition des heures de cours/présence dans les établissements, par des perspectives de suite/fin de carrière plus intéressantes et variées. J’aimerais, pourquoi pas, concilier, avec d’autres collègues dans un même établissement, des fonctions de profs mais aussi de principal adjoint (ça doit se faire un peu comme ça au Royaume-Uni, je crois) par exemple.

    Bien amicalement à tous,

  6. Merci bien de nous donner l’occasion de participer à cet échange.

    Je rejoins entièrement Yannick sur le problème de la moyenne, cette soupe infâme qui ramène tous les élèves entre 8 et 12 et qui ne dit absolument rien de l’enfant mais est la panacée des conseils de classe. On ne parle que d’elle mais jamais vraiment de ce que c’est faire l’élève.

    L’importance de la formation. Nous ne sommes pas assez formés. Travaillant sur la mise en place des compétences je me rends compte des lacunes de ma propre formation (10 ans d’ancienneté et ancien stagiaire IUFM 6heures !!!! une tout autre époque !!) : très bonne formation universitaire dans ma matière, mais le vide en pédagogique, en philosophie de l’éducation, en psychologie de l’adolescent… bagage qui me semble aujourd’hui nécessaire pour évoluer, changer les pratiques, s’adapter aux nouveaux enjeux. L’école, et surtout le secondaire souffre de ce manque de formation. L’idéologie dominante se retrouve bien dans le système des remplaçants. Il suffit d’avoir une licence/master et parfois moins pour pouvoir être devant une classe. Le disciplinaire et plus important que le savoir transmettre. Nos remplaçants actuels sont souvent de bonnes volontés et des pédagogues qui s’ignorent, mais ils arrivent avec leur façon de faire qui est souvent celle de leur enfance, il y a 20 ans. Que d’erreurs, de temps perdu de souffrance pour les adultes, comme les élèves. Il me semble donc que l’on devrait revoir notre formation universitaire et mener en parallèle une formation disciplinaire moins poussée et une formation pédagogique largement renforcée.

    Je rêve d’un collège où les élèves apprendraient à travailler en groupe, à construire eux même leurs savoir avec les outils que nous leur donnerions. Un collège de pédagogues et non d’enseignants ; des adultes qui accompagnent les adolescents sur les chemins de la connaissance en leur donnant l’envie, la curiosité et les armes pour continuer après, sans eux. Un collège où les élèves prendraient des initiatives pourrait organiser leur vie au collège afin de faire de ce lieu autant un lieu d’apprentissage et de travail qu’un lieu de vie.

  7. Bonjour, juste deux petites questions :

    la pédagogie de demain sera-t-elle de plus en plus (et réellement) différenciée ?
    la pédagogie de demain reposera-t-elle sur une véritable démarche psychologique (et sur des fondements théoriques solides autres que ceux du constructivisme)?

    Merci.

  8. Cher Monsieur

    Bien d’accord sur l’idée d’une école fondamentale, c’est-à-dire école + collège (mais cela peut entraîner une révision du corps de prof lycée et collège…).
    Depuis très longtemps j’essaye d’expliquer que le blocage de l’évolution de la forme pédagogique repose sur notre conception de l’orientation scolaire (notation, compétition, individualisme, paradoxe pour les enseignants de faire réussir tout le monde et de sélectionner, etc).
    voir quelques un de mes posts sur mon blog sur Educpros :
    http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2010/09/27/consequences-du-college-unique/
    http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2010/09/07/la-resistance-des-procedures-dorientation-jusqua-quand/
    http://blog.educpros.fr/bernard-desclaux/2011/10/27/les-procedures-dorientation-preparation-a-lorientation-tout-au-long-de-la-vie/

    Il y a un silence très curieux en France, depuis très longtemps concernant les procédures d’orientation.
    J’attends avec impatience votre interview

    Bernard Desclaux

    • J’ai interpelé il y a plus de cinq ans le corps des conseillers d’orientations à propos de la mise en place de « logiciels d’orientation » qui automatisent ( « Dans le cadre de cette procédure totalement automatisée, toutes les données doivent être saisies en temps utile, contrôlées avant validation sous peine de compromettre l’affectation des élèves. ») les procédures.
      Avec notamment une transformation des compétences validées en points
      extrait : « Il est impératif que toutes les compétences soient évaluées en cours d’acquisition = 8 / acquis = 16 à l’exclusion de toutes autres notes. »
      Voir ici http://www.ac-grenoble.fr/admin/spip/IMG/pdf/GUIDE_Affelnet_Post_3eme-7.pdf page 9 comment on convertit en NOTE des COMPÉTENCES acquises partiellement ou totalement @claudelelievre
      La motivation de l’élève se traduisant par une évaluation du type tout ou rien
      50 points pour un avis favorable :
      « Elève motivé par la formation sollicitée, ayant fait des
      démarches pour s’informer sur des établissements d’accueil,
      ayant fait des démarches pour rencontrer des professionnels
      et pratiquant des activités extrascolaires en lien avec son
      projet de poursuite d’études. Cet avis peut intégrer les
      éléments d’information communiqués par les établissements
      d’accueil auprès desquels les candidats ont conduit une
      véritable démarche. »
      0 point pour « sans opposition »
      « Elève dont la motivation n’est pas affirmée, peu actif dans la
      construction de son projet »

      Comment peut-on réellement juger de l’adéquation entre l’orientation et les aptitudes (et non seulement les résultats notés) de l’élève.
      (Dans le soin à la personne est-ce vraiment la note de SVT de troisième qui prime ou les qualités humaines du candidat ?)

  9. Pingback: Ils ont des choses à dire by thaelm - Pearltrees·

  10. En réponse à Alphonse Brunstein (@Thaelm)
    Le système décrit dans votre commentaire existe bien. Le logiciel, ou l’application est nationale. Elle est utilisée dans toutes les académies, et chacune créé ses critères. Le but étant de créer des files d’attentes pour l’affectation des élèves dans les différentes formations et établissements.

    Chaque critère, ou chaque système de critère peut être discuté, critiqué.

    Mais de grâce, si les conseillers d’orientation-psychologues sont chargés de faire comprendre ce système pour que les élèves et les familles élaborent leur stratégie de choix d’orientation et d’affectation, ils ne sont pas responsables de ce système.

    Reste que pour l’entrée dans une formation il n’y a pas 36 modes d’organisations :
    . ce qui existe : créations de hiérarchie des élèves pour justifier l’affectation basée sur leurs « résultats » constatés pra les enseignants
    . un système d’épreuves sélectives organisées par chaque établissement recevant
    . le bon vouloir des chefs d’établissement accueillant.
    Bernard Desclaux

  11. @fmeroth Quand on sait que, parmi les nombreux facteurs de réussite des élèves, il y a le fait que les familles s’impliquent, et entrent littéralement, (y compris en partie physiquement), à l’école, il faut repenser l’ouverture des établissements sur leur territoire.
    Question à M.Lelièvre: Comment peut-on envisager de faire entrer les familles dans les établissements, tout en respectant les rôles respectifs des enseignants et des responsables des enfants ? Les expériences « écoles ouvertes » peuvent-elles faire l’objet d’une extension, avec un volontarisme courageux et ambitieux ?

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