Le socle avance, selon le HCE

logo-soclecommunLe Haut Conseil de l’Education a tenu à consacrer son dernier rapport, avant le renouvellement de ses membres, à la mise en œuvre du socle commun.

Rien de surprenant à cela quand on sait le rôle éminent qu’a joué le HCE dans l’élaboration des principes fondateurs du socle. Le bilan que tire le HCE est globalement positif. Enfin les choses bougent, semble dire le HCE. Le socle commun est devenu une véritable priorité politique du ministère et le HCE liste des avancées réelles. Cet optimisme est toutefois tempéré. Le HCE pointe certaines difficultés qui ne sont pas encore résolues. Et si l’expression est très diplomatique, les critiques sont néanmoins présentes :

– Au collège, une prise en compte très variable dans les programmes selon les disciplines,
– Une articulation à revoir entre DNB et socle commun,
– Des dispositifs d’aide individualisée dont l’efficacité n’est pas évaluée rigoureusement,
– Des distorsions entre LPC et socle,
– L’absence des outils pédagogiques nécessaires pour de nombreux piliers du socle,
– La promotion de dispositifs en alternance au collège qui sont incompatibles avec l’acquisition du socle,
– La formation initiale et continue des personnels d’encadrement et des enseignants qui ne fait pas du socle commun une priorité.

Le SE-Unsa partage la conviction du HCE que le socle commun est l’outil de la refondation du système éducatif. Il partage également les réserves du HCE sur sa mise en œuvre concrète. L’accompagnement des équipes n’est pas à la hauteur des enjeux. En exigeant la validation de l’acquisition des compétences du socle avant d’avoir formé les enseignants aux démarches d’apprentissage et d’évaluation, le ministère a pris le risque de vider la réforme de son sens en la transformant en un objet technocratique repoussant.

Le HCE accorde un satisfecit surprenant aux programmes de l’école primaire de 2008 et plus globalement semble convaincu que la logique du socle commun est plus facilement mise en œuvre dans le premier degré. Si c’est le cas, ce n’est pas grâce aux programmes de 2008. Ceux-ci s’inscrivent davantage dans une logique de disciplines scolaires morcelées que dans celle du socle et constituent un obstacle plus qu’une aide à une approche par compétences.

Priorité à l’école primaire et à la continuité école-collège sont les deux principes que le HCE met en avant dans sa conclusion. Il soutient l’idée d’expérimenter des « établissements publics du socle commun » pour « favoriser la continuité pédagogique et la mutualisation
des moyens ». Une idée simple qui se heurte à de réelles difficultés (tradition historique, répartition des compétences entre les collectivités territoriales, statuts différents des personnels,…). Favoriser l’émergence de « réseaux du socle commun » autour d’un projet pédagogique partagé serait sans doute plus modeste mais plus réaliste.

Claire Krepper, secrétaire nationale du secteur Education

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