Claude Lelièvre répond à vos questions

Dans le cadre de la campagne présidentielle, le SE-Unsa a décidé de rencontrer des acteurs qui bougent pour 2012 afin d’éclairer les enjeux essentiels du débat éducatif. Notre premier invité est Claude Lelièvre, historien de l’éducation, autour de la problématique :

Quelle École faut-il construire pour la réussite de chacun ?

Claude Lelièvre a répondu aux questions posées via notre blog et les réseaux sociaux par des collègues (ou non) internautes d’horizons divers, concernés par les questions éducatives. Leurs messages ont été imprimés par nos soins, et lus, manipulés, classés par notre invité.

1. Réussite de tous, reconnaissance de chacun

2. Une école du socle commun

Yanick Marvin, prof d’histoire-géographie : « Arrêter avec cette histoire de “moyenne générale” : ce qui implique donc la suppression de la note chiffrée et de la moyenne par discipline. Le socle commun de connaissances et de compétences peut être un outil d’appui vers cela même s’il reste imparfait ! »

3. La différenciation


Thérèse, PE en Rased – « Proposition concrète : supprimer les niveaux classes par âge, les enseignants ne devraient pas connaître l’âge de leurs élèves, le rôle de l’école est de prendre l’enfant là où il en est et non là où il est censé en être. »

4. L’orientation

Alphonse Brunstein, prof de maths – « Opposition aux  “logiciels d’orientation” qui automatisent le cadre de cette procédure totalement automatisée, toutes les données doivent être saisies en temps utile, contrôlées avant validation sous peine de compromettre l’affectation des élèves. »

5. Refonder l’école républicaine


Thérèse, PE en RASED – « L’école est à repenser pour l’enfant du siècle et non pour l’enfant “idéal” du début du 20ème siècle, tel qu’il existe dans l’imaginaire collectif. »

6. Si vous étiez ministre ?


Estelle : « Proposition pour la formation : envisager une sorte de compagnonnage de formation : un enseignant confirmé déchargé de classe dans chaque circonscription pour accompagner 4 nouveaux enseignants afin de former sur le terrain. Ces postes proposés aux enseignants confirmés auraient le mérite de valoriser ceux-ci en deuxième moitié de carrière et déchargeraient aussi les conseillers pédagogiques qui pourraient se concentrer sur la formation continue. »

7. Professeur, quel métier ?


Yanick Marvin, prof d’histoire-géographie : « Refonte totale du statut des enseignants : depuis 1950, le monde a changé et l’école doit se mettre à jour. La société doit reconnaître et être claire sur les nouvelles missions qu’elle demande à l’école et faire évoluer le métier d’enseignant en conséquence. »

Olivier Quinet, prof d’histoire-géographie : « L’importance de la formation : travailler sur la mise en place des compétences, ne pas former que dans la matière enseignée, mais apporter des contenus en pédagogie, philosophie de l’éducation, psychologie de l’adolescent… bagage qui me semble aujourd’hui nécessaire pour évoluer, changer les pratiques, s’adapter aux nouveaux enjeux. »

8. Rêver


Yanick Marvin, prof d’histoire-géographie : « L’école doit être le lieu de rencontre de différentes synergies :
les profs, bien sûr, les élèves évidemment, les parents, la COP,
l’assistante sociale, l’infirmière scolaire … « Guillaume Caron, prof de maths – « Favoriser les projets, les productions d’élèves, valoriser leurs « chefs d’œuvre », en finir avec l’évaluation sélective.
-Casser les groupes classes, favoriser la coopération, donner du sens. »Olivier Quinet, prof d’histoire-géographie : « Je rêve d’un collège où les élèves apprendraient à travailler en groupe, à construire eux même leurs savoir avec les outils que nous leur donnerions avec des adultes qui accompagnent les adolescents sur les chemins de la connaissance en leur donnant l’envie, la curiosité et les armes pour continuer après, sans eux. Un collège où les élèves prendraient des initiatives, pourraient organiser leur vie au collège afin de faire de ce lieu autant un lieu d’apprentissage et de travail qu’un lieu de vie. »François Méroth, parent d’élève : « Les expériences “écoles ouvertes” peuvent-elles faire l’objet d’une extension, avec un volontarisme courageux et ambitieux ? »

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3 réponses à “Claude Lelièvre répond à vos questions

  1. L’école d’aujourd’hui n’arrive pas à réduire les inégalités mais s’en donne-t-elle les moyens? L’égalitarisme conduit à nier les différences. Une ou deux idées qui pourraient permettre, à mon avis, de remettre tout les élèves sur un réel plan d’égalité:
    – Les besoins des élèves ne sont pas les même en maternelle, à l’élémentaire et au collège. Le premier déficit dont souffrent les enfants des « classes populaires » est celui du langage. C’est bien sur le langage que se construiront ensuite les compétences liées à l’écrit et par la suite encore, toutes les autres connaissances ayant pour support l’étude de textes ou l’apprentissage de leçons. A n’en pas douter, il faut donc donner dès le début, c’est à dire à l’école maternelle (voire jusqu’au CP inclus) des effectifs plus faibles afin de faciliter le travail oral. L’école maternelle est le réel lieu où l’on peut et où l’on doit réduire les inégalités. Sans être déterministe, après, il est déjà bien souvent trop tard! Alors au lieu de dire que l’on veut les mêmes seuils au sein de toute l’école primaire, baissons les seuils des petites classes. Un enseignant de maternelle ne peut pas réellement aider ses élèves s’il en a 30. A mon sens, 15 élèves devraient être un maximum dans ces classes si l’on veut vraiment travailler le langage efficacement.
    Pour finir, je tiens à préciser que je ne suis pas enseignant en maternelle mais en CM1. Je ne prêche donc pas pour ma paroisse!
    Quant à la réflexion autour du collège unique, à mon sens, le meilleur moyen de progresser est de remettre « l’adolescent » au centre du système. A l’âge où l’adolescent est en remise en cause naturelle de ses repères et qu’il construit les bases de son individualité, c’est là qu’on l’envoie dans un monde sans référent, empreint de de toutes les violences liées à cet âge. Les référents doivent donc être plus stables. Une première piste serait peut-être de penser qu’un professeur de français (et de la même manière pour toutes les matières) pourrait suivre un groupe classe de la 6ème à la 3ème. Il pourrait également être opportun de ne pas rechanger les groupes classes tous les ans mais seulement en cas d’un réel mal-être d’un élève au sein d’un groupe.

  2. Je travaille dans un Lycée professionnel avec un collègue qui n’a pas son compte d’heures (il est devant les élèves durant 11 heures et le reste jusqu’à 18 il le fait en aide au chef des travaux et en conseiller Tice et de plus il a 1H30 supplémentaires alors que nous avons 197 élèves). Son emploi du temps aurait pu être complété en dédoublant des classes, mais non et je trouve que s’est du gachis et pourtant on continue. Il faut être lucide, quelqu’un qui n’a pas son quotat d’heures ne devrait pas avoir des heures supplémentaires et une partie de son poste devrait être supprimé.

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