Dans la peau d’un élève…

J’ai vécu aux “Rencontres maternelle” organisées par le GFEN une expérience intéressante. Un atelier s’intitulait “lecture en polonais”, intriguée, je m’y suis inscrite.

Nous sommes une vingtaine, l’atelier va commencer l’animatrice annonce : “Je vais vous donner une lettre écrite en polonais, vous allez travailler dessus, et dans une heure on saura ce qu’elle raconte.” Autant vous dire que c’est un peu interloqués que nous nous sommes mis à la tâche, d’abord individuellement.

J’ai quelques vagues notions de polonais mais pas suffisamment pour que ça m’aide vraiment… une participante exprime à haute voix son inquiétude de voir tout le monde penché sur une feuille à laquelle elle a le sentiment d’être la seule à ne rien comprendre, l’animatrice la rassure, c’est normal, on va bientôt travailler en petits groupes et ça va être plus facile.

En effet, les groupes se forment et ça argumente sec :
– “Il y a plusieurs signatures enfantines.”
– “Le mot “zoo” est reconnaissable.”
– “C’est sûrement de la correspondance scolaire.”
– “La date ?”
– “Probablement mai ou juin, en Pologne il fait froid et on ne sort pas avec une classe au zoo en hiver.”

J’ai reconnu deux mots polonais ce qui donne un avantage à mon groupe mais ne suffit pas à éclairer beaucoup plus le sens du texte. C’est là que l’animatrice nous informe qu’elle peut nous donner certains mots, il faut juste lui demander…

Pas si simple : A-t-on vraiment “le droit” ? Quoi demander ? Envie d’essayer tout seuls ? Chaque groupe gère cette possibilité avec plus ou moins de parcimonie. Mais avec quelques mots supplémentaires les choses s’éclairent, de nouvelles déductions se font : c’est un pluriel, un verbe, à quel temps ? un mot de la même famille que cet autre…

Proposition de mon groupe, comportant encore de nombreuses inexactitudes

Maintenant il faut écrire notre proposition de traduction, on hésite, on re-négocie, parfois on invente carrément ce qui nous manque encore, on rit, l’ambiance se détend…

Enfin, les productions des quatre groupes sont affichées et nous devons nous mettre d’accord pour arriver à une seule version. Le grand groupe compare les hypothèses, argumente, l’animatrice tranche, valide, nous rassure : “ça c’était vraiment difficile à trouver !”, “vous y étiez presque”…

Vient le débriefing : Qu’est-ce qui nous a permis de réussir ? De supporter d’aller ainsi vers du complexe inconnu en nous appuyant sur ce que nous savions ?

Il est évident que l’entrée en matière a été essentielle “vous allez y arriver” a dit l’animatrice et on lui a fait confiance.

Ensuite on s’est rendu compte qu’on savait plein de choses : forme de la lettre, contexte, connaissances lexicales et grammaticales…

Enfin les mots qu’on pouvait demander sans toujours oser le faire ont permis de lever certaines interrogations et de partir sur de nouvelles pistes.

Chercher seul, suffisamment longtemps mais pas trop est indispensable pour entrer dans la tâche et avoir ensuite des éléments à apporter au petit groupe. Ensuite la phase en grand groupe permet de re-clarifier avec plus de distance les arguments en faveur de nos hypothèses, enfin le débriefing permet de comprendre ce qui a été mis en œuvre.

La boucle est bouclée !

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Une réponse à “Dans la peau d’un élève…

  1. Nous avons fait vivre la même expérience à nos collègues sur un stage aide aux élèves en difficulté, sauf que notre texte était en provençal.Nous avons pu tirer les mêmes conclusions.

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