Une évaluation des compétences au service des apprentissages

Philippe Le Guen est professeur de Mathématiques au collège Anna Marly, à Brest (Finistère).

Cet article est tiré de son blog « développer des compétences au collège » sous le titre original de « modifier le comportement des élèves, évaluer les compétences« . Nous le reproduisons ici avec son aimable autorisation et nous vous invitons à découvrir la réflexion de cet acteur de terrain.

Lorsque l’on se lance dans l’évaluation de compétences, je devrais plutôt dire l’évaluation de productions liées à des situations complexes permettant de développer des compétences (c’est plus juste, car une compétence ne s’évalue pas), on est très rapidement confronté à la résistance des élèves. Comment mettre en place une évaluation formative qui ne soit pas programmée une semaine ou 15 jours à l’avance ? Peut-on évaluer les élèves sans qu’ils soient en situation de « contrôle » comme ils le disent. Arrivera-t-on un jour à ne plus entendre, « Monsieur, c’est un contrôle ? », « c’est noté ».

La majorité de nos élèves ont des habitudes et des méthodes de travail contre lesquelles on se bat perpétuellement sans grands résultats, il faut bien l’avouer. Habitués à des évaluations sommatives, ils mettent en place des stratégies qui ne permettent pas de développer des compétences. Tout au plus s’agit-il de mémoriser à très court terme des techniques qu’ils oublierons aussi rapidement qu’ils les auront apprises.

Revenons à la compétence. Etre compétent, c’est  mobiliser un ensemble de ressources pour traiter une famille de situations avec succès tout en intégrant la démarche et le résultat. Un élève sera donc compétent lorsqu’il aura été confronté à plusieurs situations mobilisant les mêmes ressources dans des contextes différents. Est-il possible de mener à bien ces apprentissages en étant en situation de contrôle permanent ? Le temps et la somme de connaissances à transmettre ne nous le permettent pas et trop d’évaluations tue l’évaluation. Rappelons l’étymologie de l’évaluer qui vient du latin « evaluare » signifiant « mettre en valeur ». Il faut donc expliquer aux élèves qu’évaluer ce n’est pas noter, que rendre un travail ce n’est pas un contrôle, mais montrer ce que l’on est capable de faire à un moment donné. En commençant dès la 6e on voit apparaître ou plutôt disparaître du vocabulaire des élèves celui lié à la notation sanction. Même si pour certain le lien est ancré, pour la majorité le passage par des situations complexes leur donne confiance. Ils apprennent que faire des erreurs c’est constructif, qu’on a le droit de se tromper et que l’on peut proposer sa solution (qui peut correspondre à un niveau de compétence ). Vu sous cet angle, proposer des situations complexes à nos élèves c’est modifier leur comportement et leurs méthodes d’apprentissage. On construit ses compétences et on ne travaille pas que pour la note.

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