Campus des Métiers et des Qualifications : c’est quoi ça ?

unsa1Nous avons rencontré Philippe Calonnec, agrégé de SII (“Energie”) qui travaille sur la mise en place du Campus des Métiers et des Qualifications (CMQ) de l’académie de Rouen.

Peux-tu nous rappeler ce qu’est un campus des métiers et des qualifications ?

Comme défini au BO du 16 Mai 2013, un Campus des Métiers et des Qualifications est une structure qui, sur une espace territorial à géométrie variable, regroupe un réseau d’acteurs divers dans un partenariat renforcé pour développer des formations sur une filière spécifique. Ce réseau d’acteurs est constitué de lycées professionnels et/ou polyvalents, de centres de formation d’apprentis, d’établissements d’enseignement supérieur, d’organismes de formation initiale et continue privés ou publics, d’entreprises et de laboratoires de recherche et d’associations à caractère sportif, culturel ou d’entraide. La région Haute-Normandie étant une région très concernée par la thématique de l’énergie, c’est tout logiquement que Rectorat et Région ont décidé de porter un dossier de labellisation d’un Campus des Métiers et des Qualifications avec une thématique Énergies et Efficacité Énergétique.

L’idée du CMQ est de mettre en place des réseaux pour permettre aux publics en formation de bénéficier des meilleures formations et atteindre ainsi le plus haut niveau de qualification possible.

Il est possible d’imaginer toutes sortes d’actions développées par les acteurs :

  • Des actions de découvertes sur les niveaux V et IV sur des thématiques spécifiques. L’objectif étant d’aider les publics à se projeter dans un domaine d’emploi et à accroître leur motivation pour la formation et la poursuite d’études,

  • Des actions de formations plus poussées sur des niveaux III sous formes de modules complémentaires sur une thématique spécifique liée à une à un besoin spécifique d’un territoire ou d’une entreprise,

Dans l’académie de Rouen, le CMQ est basé à Fécamp. Quels établissements sont concernés et quel est le champ professionnel autour duquel va travailler ce CMQ ?

Dire que le CMQ est basé à Fécamp ne traduit pas tout a fait le projet. En effet, si la structure administrative est basée à Fécamp, la structure opérationnelle vivra dans toute l’académie du fait de la thématique principale retenue et qui est libellée ainsi « Énergies et Efficacité Énergétique ». Le fonctionnement proposé pour la structure repose sur la déclinaison de la thématique principale en thématiques spécifiques (éolien, solaire, efficacité énergétique) pour chacune desquelles un groupe de travail incluant des partenaires d’origines diverses sera mis en place et possédant son propre pilote qui sera un EPLE de l’académie. L’idée est de favoriser la prise d’initiative au niveau des thématiques spécifiques et de ne pas centraliser le fonctionnement sur un établissement. L’entité CMQ3E offre un cadre pour développer la mise en réseau et les collaborations entre partenaires

Quelle est ta mission dans la mise en place du CMQ de l’académie de Rouen ?

Sous la responsabilité de la direction académique à la formation professionnelle initiale et continue (DAFPIC), avec l’équipe de pilotage de Fécamp, ma première mission a été de contribuer au montage du dossier de candidature pour obtenir le label Campus des Métiers et des Qualifications. Ce dossier de candidature s’appuyait sur les actions engagées précédemment dans le cadre de la Plateforme Technologique au niveau de l’éolien où un réseau éducation-entreprise-recherche avait été construit et des actions engagées. Depuis fin Septembre, date à laquelle le label a été obtenu, ma mission est de contribuer à la mise en place du CMQ3E. Cette mise en place s’appuie sur un comité de pilotage composé de membres issus du monde de l’éducation, de la région, de l’entreprise et de la recherche. Ce COPIL définit les modalités de mise en œuvre de la structure. Ainsi, depuis fin Septembre, plusieurs actions de présentations et d’informations ont été réalisées de façon à mobiliser les établissements. Le prochain objectif est la constitution de l’association et la mise en place des groupes de travails sur les thèmes spécifiques pour lesquels une consultation est lancée auprès des établissements.

As-tu commencé à prendre des contacts avec les branches professionnelles concernées ? Des partenariats avec les entreprises sont-ils prévus ? Si oui, les quelles et ont-elles montré de l’intérêt pour cette structure ?

Le dossier a été dès le début soutenu par des acteurs majeurs de l’énergie Région. Pour l’éolien par exemple, les membres des consortiums ayant répondu aux appels d’offre de l’éolien offshore ont pour la plupart signé des lettres de soutien et d’engagement à développer ce CMQ. La filière Énergie Haute-Normandie dont les adhérents sont pour certains des acteurs majeurs de l’énergie en région a aussi montré un grand intérêt pour ce projet.

Aujourd’hui, nous sommes en phase de création des groupes de travail sur les thématiques spécifiques, les établissements de formation vont pouvoir contacter les partenaires du monde de l’entreprise pour étudier avec eux les actions à mettre en place.

Des actions de formation continue vont-elles être engagées par le CMQ ? Si oui, pour quelles entreprises ?

Le CMQ n’a pas vocation à prendre une place déjà occupée par les organismes de formation continue. Sur ces actions de formation continue qui resteront en charge des organismes de formation, le CMQ a pour mission de rendre plus visibles les plateaux techniques et les compétences de façon à augmenter l’attractivité de nos centres de formation. Par ailleurs, en ayant accru la visibilité de ces plateaux techniques, l’objectif est de favoriser la mise en place de formations multi-sites permettant de répondre à un besoin complexe d’un secteur d’activité. Si je prends l’exemple de l’éolien, il est possible d’imaginer que des stagiaires se rendent sur différents sites pour les acquérir une qualification sur du travail en hauteur, sur de la mise en œuvre de matériaux composites ou encore sur la marinisation de leurs compétences. Le CMQ pourra aussi permettre la mise en place de formations à destination des enseignants. L’exemple des « stages CERPET » (Centre d’Etudes et de Ressources pour les Professeurs de l’Enseignement Technique) proposés par l’IGEN en est une illustration : des collaborations avec des entreprises pour la formation continue des enseignants.

Propos recueillis par Thierry Patinaux

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