CPE en EREA… une espèce rare en demande de reconnaissance !

IMG_9101 - Copie (2)On dit souvent de l’enseignement adapté qu’on y arrive par hasard… Certains le quittent rapidement, lorsque le travail y est insupportable, d’autres y restent, souvent par conviction. Je dois dire que c’est mon cas. J’ai tout de suite été enthousiasmée par la structure et le public accueilli, les objectifs  et les missions aussi…

Ici, les jeunes sont en échec scolaire depuis longtemps, ils ont des parcours personnels difficiles et chaotiques, souvent des histoires familiales douloureuses. La spécificité de l’établissement se trouve dans le fait d’accueillir ces jeunes en internat éducatif.

Objectif : les éloigner de leur milieu familial pour les mettre dans les meilleures conditions d’apprentissage et les aider à reprendre confiance en eux, et dans le monde adulte. C’est aussi aider à se REconstruire, en tentant de reformuler avec eux un projet personnel et professionnel .

Beau et vaste programme pour un CPE ! 120 élèves seulement, pourrait on dire, mais 120 situations complexes, associant troubles du comportement, difficultés psychologiques, situations de handicap, misère sociale et culturelle..

Les postes de CPE sont récents dans les EREA (Etablissements Régionaux d’Enseignement Adapté), qui réunissent déjà une grande diversité de statuts professionnels. Pas toujours évident de s’intégrer dans ces structures à l’organisation pré établie, tout en voulant rester fidèle à ses missions et à son corps de métier.

Les fonctions occupées par chacun sont complémentaires, bien que proches les unes des autres, il s’agit avant tout de travailler en équipe, cela demande du temps pour acquérir une certaines compréhension du fonctionnement de l’établissement, et s’adapter à celui ci, tout comme les EREA ont dû s’adapter à la présence d’un service de vie scolaire.

Malgré les textes et la nécessité du cadre législatif, on ne peut exercer ce métier en EREA comme on l’exerce ailleurs… le décalage est dans le rythme de travail, la multiplicité et la gravité des situations individuelles ou des incidents, qui nous amènent plus qu’ailleurs à flirter avec le social, la justice ou le médical. Notre seuil de tolérance est plus élevé, la patience et la ténacité sont des qualités indispensables, la vigilance est de chaque instant.

Mes collègues CPE se reconnaîtront tous globalement dans ce portrait, et tant mieux… cela signifie sans doute que je ne me suis pas « perdue », mais au delà des apparences, il s’agit bien d’accompagner ces jeunes cinq jours sur sept, 24h sur 24, dans des classes de 16 élèves maximum, souvent dédoublées à huit, et où il est encore difficile de transmettre des savoirs. Nous suivons certains élèves pendant six ans ! Autant dire la place importante que tient l’EREA dans leur vie..

Redonner du sens à l’école et à leurs parcours, leur réapprendre à croire en eux et en leurs rêves , apprendre à respecter les autres, cela demande une énergie de chaque instant.

La violence qu’elle soit familiale, ordinaire ou institutionnelle; existe et elle fait des ravages.

Être CPE en EREA, c’est d’abord faire partie d’une équipe, entièrement dévouée à conduire ses élèves vers la réussite, quelle qu’elle soit. Cela nous demande de croire fermement en un idéal d’éducation, et de travailler au sein d’une École qui se veut bienveillante.

Morgane Bauvais – CPE EREA de RENNES

Publicités

Une réponse à “CPE en EREA… une espèce rare en demande de reconnaissance !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s