Web Radio, une piste concrète pour l’EMI en élémentaire par Alexandre Acou

Web radio Alexandre AcouJe suis enseignant en CM à Paris 13ème, dans un quartier où la langue parlée à la maison est souvent autre que le français. La prise de parole et le vocabulaire étant un des soucis prioritaires de notre école, j’ai expérimenté depuis 3 ans la web radio et la production de messages médiatiques.

D’abord, dans le cadre de la Semaine de la Presse et des Médias à l’École (en 2011-2012), j’ai pu inscrire ma classe à l’enregistrement d’une émission à Radio Clype. Ce studio de l’académie de Paris est situé dans un lycée du 13ème arrondissement. Il propose, grâce à une journaliste et un ingénieur du son, d’accompagner les classes dans la production d’une ou plusieurs séances enregistrées puis montées et enfin diffusées sur le site Radio Clype.

Même si ce dispositif n’est pas indispensable pour commencer à faire de la web radio avec ses élèves, c’est une bonne manière de s’y lancer. L’année suivante, j’ai prévu 5 émissions dont la dernière en direct sur Aligre FM !

L’année d’après, sans Radio Clype, j’ai simplement prévu un espace où poster nos productions (cette fois sur un compte Evernote) et nous avons enregistré “à la maison” (c’est-à-dire à l’école) nos quelques sujets ( travail motivé par « la journée du direct » organisée par le Clemi). Cela peut aussi simplement se faire sur n’importe quel blog de classe. Quelle que soit la manière d’enregistrer et de diffuser (et il en existe de plus en plus), je choisis presque à chaque fois de “banaliser” des demi-journées, tant le travail nécessaire pour arriver à une émission qui se tienne est long.

Sur le fond, je commence par faire chercher les différentes rubriques dans de la presse écrite afin de donner un cadre au futurs sujets. Ensuite je laisse toujours les choix des sujets aux élèves, tout en demandant la rubrique et donnant mon avis. Ainsi, sont proposés des sujets sur des stars (souvent inconnues de moi), des sportifs, des évènements historiques, l’écologie, l’amitié ou la jalousie…  Je leur indique cependant les formats possibles (chronique, reportage, interview…) et qu’ils doivent apporter des informations « qu’on ne puisse pas trouver sur Internet », de manière à ce que les lecteurs/auditeurs apprennent quelque chose d’eux (un point de vue, un avis, un témoignage…) ou de personnes interviewées (élèves d’autres classes, enseignants, parents). Cette règle me permet de leur demander ce “qu’apporte” leur reportage au sujet.

Seul ou par groupe jusqu’à 4, ils se transforment donc en journalistes et ont un premier temps pour choisir le sujet et le format (ou l’inverse) à traiter. Pour l’émission, il faut tout de même prévoir que chaque élève dispose de son texte. Le lire correctement, en comprenant bien tout ce qu’on dit, à une bonne vitesse, en dialoguant si possible, nécessite des répétitions. Pour enregistrer, c’est très simple, un smartphone partagé me suffit et permet d’obtenir directement des formats mp3 ou mp4 facilement envoyés vers un blog ou autre. Le logiciel Audacity semble aussi, entre autres, une bonne solution.

Les compétences visées sont donc la prise de parole (et au micro !), l’usage d’un vocabulaire adapté et précis (dans la description ou l’explication de son sujet), mais aussi faire des recherches, lire avec aisance, s’impliquer dans un projet collectif ; le tout facilement évaluable car enregistré ! Les passages de l’oral à l’écrit puis à l’oral sont un des aspects les plus intéressants et permettent aux élèves de prendre conscience du comment se crée “leur information” et finalement l’information. L’apport de l’enseignant en éducation aux médias peut alors porter sur :

  • les éléments constitutifs d’une situation de communication, à poser lors de la préparation des sujets (quoi, qui, où, quand, pourquoi, comment)
  • les genres journalistiques (brève, interview, reportage, commentaire, critique, portrait…) présentés aux élèves
  • les sources à portée, idéalement à croiser dans la recherche d’informations et à prendre “à sa portée”, c’est-à-dire par exemple l’avis des écoliers sur tel sujet
  • quelques éléments du droit, notamment d’auteur (si citations et sources à indiquer) et à la vie privée (dans les limites de l’intimité des sujets et les camarades nommés s’il y a)
  • l’utilisation d’outils spécifiques (enregistreurs, téléphone mobile…)

Au final, les élèves sont motivés par un résultat, même pour une seule émission, audible en classe bien sûr, mais aussi à la maison et facilement partageable… L’intérêt de recommencer l’expérience réside dans la part grandissante d’autonomie des élèves dans l’exercice et ce à chacune des étapes, afin toujours de valider les compétences évoquées.

Si vous en avez le temps, bonne écoute !

 Alexandre Acou

 Crédit photo : Alexandre Acou

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s