L’évaluation est une vraie patate chaude ! 

En ces temps de conférence nationale sur l’évaluation, voici une vidéo extrêmement intéressante de Marc-André Lalande, un collègue québecquois, qui traite avec humour la question de l’évaluation tout en soulevant nombre de points essentiels.

Petit verbatim des principaux éléments abordés dans la vidéo :

L’évaluation est un outil, pas une fin en soi, il est temps de rafraîchir nos pratiques en évaluation, notamment (mais pas seulement) à cause du numérique.

Définition : L’évaluation est une démarche qui consiste à offrir une rétroaction suite à l’analyse d’un processus, d’une réalisation ou d’une combinaison des deux. 

  • la rétroaction peut varier en quantité, de maigre à exhaustive
  • l’étendue de l’analyse se situe entre le superficiel et l’approfondi
  • le processus comme la réalisation peut aller du simple déclaratif procédural au plus complexe

L’intention de l’évaluation -soutenir ou reconnaître les apprentissages- va venir influencer le type de rétroaction, les critères de l’analyse et les conditions d’observation du processus ou de la réalisation.

Les examens normalisés sont de bien mauvaises mesures de tout ce qui compte intellectuellement parlant. Alfie Khon

Les tests classiques peuvent donner des renseignements utiles mais certainement pas de quoi faire des palmarès et encore moins juger de la qualité de l’enseignement ou de la progression des apprentissages d’un élève !

La technologie peut accélérer le processus de collection et permettre la rétroaction instantanée. Quand on s’en tient à l’acquisition de contenus cognitifs peu exigeants, plus rapide est la rétroaction mieux c’est… Rien de révolutionnaire ni de dommageable dans la mesure ou on ne sert pas de ce genre de test pour établir une note finale. On peut aussi utiliser la technologie pour établir des corrélations et identifier les éléments qui ont besoin de révisions. D’autres données peuvent être utilisées comme le temps de réponse, le recours à d’éventuelles aides ou indices… pour enrichir l’analyse et offrir une rétroaction plus précise correspondant aux besoins identifiés (on est ici dans ce que propose la cartographie des savoirs, voir notre billet). Mais sous des dehors de modernité, c’est toujours la même veille école !

En éducation on a tendance à accorder de l’importance à ce qui est facilement mesurable, plutôt que de trouver comment mesurer facilement ce qui est réellement important. Gervais Sirois

Pourquoi tant de gens font-ils confiance aux tests de connaissance comme s’il s’agissait de l’apogée de la rigueur et de l’objectivité ?

  • parce que c’est facile à administrer ?
  • par manque d’imagination ?
  • par tradition ?

Pour réussir ce genre de test, il suffit en général d’avoir une bonne mémoire. Mais mémoriser ce n’est pas apprendre et apprendre c’est bien plus que mémoriser !

Au lieu d’utiliser la technologie pour tester la mémoire des élèves, il est temps de l’utiliser pour changer fondamentalement nos pratiques évaluatives. Un accès à Internet pendant les examens éliminerait les questions “googlables” au profit de questions de haut niveau permettant de vérifier l’efficience des élèves pour trouver de l’information de sources crédibles et de la traiter. 

On devrait aussi chercher comment mesurer ce qui compte vraiment :

  • résolution de problème
  • sens critique
  • créativité
  • coopération
  • prise de risques
  • communication

Avec un accès à internet ouvert pendant les examens, on peut se concentrer sur ce que l’élève est capable de faire avec toutes les ressources normalement accessibles par tous à tout moment.

On peut aussi moderniser nos pratiques évaluatives en faisant appel à des entretiens, de la vidéo, de la rétroaction par les pairs, et des port-folios.

Nos outils d’évaluation doivent être plus robustes pour obtenir de l’information plus riche et plus pertinente, plus complexe qu’avec un simple quiz.

S’interroger sur nos pratiques évaluatives nous emmène sur le chemin de la remise en cause de ce qu’on enseigne car l’évaluation conditionne l’apprentissage !

Si on commence à vouloir évaluer des compétences de haut niveau, cela tire vers le haut ce que l’on enseigne.

Nous sommes davantage bloqué par notre culture de l’évaluation que par les programmes qui permettent de faire évoluer l’évaluation.

On ne relève pas la barre en obtenant de meilleurs résultats aux épreuves simplistes mais en élaborant des outils plus fins permettant de mesurer ce qui vaut la peine de l’être ce qui implique :

  • des processus et des réalisations plus complexes
  • une analyse plus approfondie
  • une rétroaction plus constructive

 

Pour s’abonner à la chaine Youtube de Marc-André Lalande, c’est ici

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