Pour que la maternelle fasse école

images7DL1C99ZSeptième rencontre nationale « Pour que la maternelle fasse école » organisée par le Groupe français d’Éducation nouvelle (GFEN)

Apprendre, processus de socialisation.

Cette rencontre a eu lieu le 31 janvier.

Le GFEN dont le mantra est « Tous capables » rajoute aussi « oui, mais comment ? »

Il est persuadé, à juste titre, que cela passe par : la socialisation, la coopération, l’ouverture, les débats, l’habitude d’argumenter, la culture, le partage, la recherche… et cela dès la maternelle.

 

Première intervention : l’émancipation, connaissance de ce que l’on attend de soi.

Il est rappelé que les élèves s’investissent mieux dans une activité lorsqu’ils savent ce qu’ils doivent faire. La mise en projet, ici une représentation devant des pairs, montre des élèves de maternelle faisant des choix, des propositions d’activité : il s’agit d’un parcours proposant plusieurs ateliers de GRS. Les réussites deviennent des exploits. La situation ne change pas sur au moins 15 séances, c’est la perception des élèves qui va évoluer. L’entraînement va amener les élèves à se rendre compte de leur progression dans les apprentissages.

Les élèves doivent apprendre à gérer l’espace à plusieurs. L’activité sous forme de spectacle donne la possibilité aux élèves de faire savoir s’ils ont réussi ou pas leur exploit. Les codes sont à travailler en amont via des débats argumentés. Ils permettent aux élèves de mettre en relief certaines de leurs émotions.

 

Suite à cette présentation, chaque participant a la possibilité de participer à deux ateliers. Voici la description de deux d’entre eux:

Atelier 1 : Raconter des histoires en classe. (quels éléments participent d’une écoute partagée et de la découverte commune d’une œuvre ?)

L’accent est mis sur le fait de raconter un livre plutôt que de le lire aux élèves, du moins dans un premier temps. L’enseignant doit s’approprier l’histoire afin de pouvoir la raconter oralement aux élèves sans support. Cette façon de faire améliore la compréhension des élèves car le langage oral alors utilisé est plus simple que le langage littéraire. L’histoire racontée est souvent plus courte et moins détaillée que le livre. Cela permet d’aller à l’essentiel et donne aux élèves une vision d’ensemble : présentation des lieux, des personnages, des différentes actions, intonation du conteur pour faire passer des émotions…

Le couple interprétation-compréhension permet d’arriver au sens et de reconstituer le schéma narratif plus facilement. Le langage oral, plus simple que le langage écrit, facilite la création d’images mentales.

Le premier album utilisé est « le matelas magique » d’Anaïs Vaugelade.

Dans le deuxième exemple, « la plage magique » de Crockett Johnson, on raconte l’histoire et on demande aux élèves de la reconstituer à travers la manipulation.

A travers la question « de quoi avez-vous besoin pour reconstituer l’histoire? », les élèves vont lister les différents éléments de l’histoire : les personnages, les lieux, certaines actions. Reste ensuite à l’enseignant la tâche de proposer aux élèves suffisamment d’objets à manipuler pour qu’ils puissent reconstituer l’histoire.

L’intérêt de ce type de procédure est que les élèves, travaillant en groupe, sont obligés de débattre, de se mettre d’accord, de demander une nouvelle lecture pour confirmer ou infirmer leurs propositions. C’est un travail de longue haleine qui peut être complexifié par l’ajout de détails. C’est en se confrontant à leurs pairs que les enfants-chercheurs vont avoir accès à de nouveaux savoirs.

Une fois que les groupes ont terminé, ils peuvent coller leurs propositions et s’entraîner à se raconter l’histoire en s’aidant du support qu’ils ont créé.

Suivant la complexité du livre, on peut le revoir plusieurs fois afin que les élèves se l’approprient plus facilement.

Ce type d’activités lorsqu’il est mis en place dès la petite section facilitera l’entrée des élèves dans la culture de l’écrit. Ce sera une entrée par le sens, catalyseur des motivations.

 

Atelier 2 : Parents et enseignants, des rôles complémentaires pour cultiver le goût d’apprendre (En partant des apprentissages réussis par les enfants à la maison, donner à voir aux parents la fonction culturelle et socialisatrice des apprentissages scolaires).

Une piste de pratique pour rencontrer les parents y est présentée :

Il s’agit d’une rencontre au sujet des apprentissages en novembre. Les parties en italique s’adressent directement aux parents.

Introduction : Les enfants sont tous capables de réussir. Comment un enfant apprend-il à la maison ? Comment un élève apprend-il à l’école ? Qu’est-ce qui est pareil ? Qu’est-ce qui est différent?

Avant l’école déjà beaucoup d’apprentissages : « Chacun d’entre vous avez beaucoup appris à votre enfant avant son entrée à l’école. Faites une liste de ces apprentissages. (Par écrit si vous le souhaitez, vous n’aurez pas à rendre la feuille). »

Mise en commun orale (liste au tableau): L’enseignant note toutes les réponses sans hiérarchiser, sans commenter. Il peut proposer des formulations plus explicites.

Travail de groupe (3 ou 4): Chacun va raconter à son groupe, un apprentissage réussi. Les autres vont lui poser des questions pour comprendre les étapes de l’apprentissage, les difficultés, les solutions trouvées. »

Travail collectif (listes au tableau) : « Qu’est-ce qui a aidé ou gêné votre enfant dans ses apprentissages ? »

Ce type de réunion permet à l’enseignant d’associer directement les parents aux processus d’apprentissages de leurs enfants. Ils vont comprendre la complémentarité qui existe entre l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants et celle que l’on donne à nos élèves. L’hétérogénéité du public peut être plus facilement observable à travers cette démarche.

On peut aussi faire vivre aux parents une situation d’apprentissage pour qu’ils se rendent compte de ce qu’il se passe lorsque l’on demande aux élèves de copier un modèle pour apprendre à écrire. On part d’un modèle projeté au tableau dans une écriture inconnue de tous. Les parents doivent le copier.

Ensuite on donne la consigne suivante : « Je suis le stylo, vous êtes le cerveau qui commande la main » (écouter les parents et reproduire ce qu’ils disent). Les parents devront ensuite reproduire le modèle et se rendre compte que le fait d’écrire se fait en plusieurs étapes :

– analyse du geste à produire

– verbalisation des critères de réussites

– copie : produit de la pensée

La mise en mot permet de penser le geste. Une des spécificités de l’école est de mettre des mots sur ses actions, de penser à ce que l’on fait.

On retrouvera dans le livre de Marie-Thérèse Zerbato-Poudou, « apprendre à écrire de la petite à la grande section », l’importance du sens dans l’apprentissage de l’écriture.

 

Bibliographie :

Construire le goût d’apprendre à l’école maternelle, Chronique sociale, 2014.

La maternelle, Première école Premiers apprentissages, Chronique sociale, 2009.

Apprendre à écrire de la PS à la GS, Marie-Thérèse Zerbato-Poudou, Retz, 2014.

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Une réponse à “Pour que la maternelle fasse école

  1. Je travaille auprès des enfants et des plus grands depuis un p’tit moment et j’ai toujours à cœur de transmettre le plaisir des mots et de la lecture. Quand je commence un projet, je définis mes objectifs, cela me permet d’être claire dans mon action éducative. Et puis aussi les critères d’évaluation ce qui m’aide pour mon analyse. j’utilise la pédagogie active. J’aime le livre « le plaisir d’apprendre » de Philippe Meirieu. Je conte les histoires en me déguisant ou en utilisant ce qui m’entoure, comme les feuilles de arbres. Avec les enfants je fabrique un livre, avec un auteur ou un plasticien un atelier d’écriture ou une oeuvre d’art. Tout peut être prétexte à la découverte des mots. Bravo pour votre atelier. Claudia

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