Un nouveau parcours citoyen, mais pour quelle éducation à la citoyenneté ?

Suite aux attentats de janvier 2015, le ministère lance une grande mobilisation de l’École pour les valeurs de la République, accompagnée d’assises qui se dérouleront dans tous les territoires jusque fin avril.

mobilisation_infographie_parcours_385324Parmi les mesures prises, la mise en place d’un parcours éducatif citoyen de l’école élémentaire au lycée, articule des actions existantes, mais pas toujours investies, au nouvel enseignement moral et civique : éducation aux médias et à l’information, préparation de la journée défense et citoyenneté, semaine d’éducation contre le racisme et l’antisémitisme. La participation et les initiatives des élèves seront encouragées par le développement de conseils d’enfants, de collégiens, de même que l’engagement associatif des élèves. Le parcours citoyen doit être évalué à la fin du collège selon des modalités qui seront fixées avec la réforme du collège. Le portail APB donnera même la possibilité de renseigner les compétences extrascolaires pour l’orientation post-bac.

À l’image des 10 autres mesures de la grande mobilisation, ce nouveau parcours s’avère indispensable. Il met en musique et donne de la cohérence à l’action ministérielle. Pourtant, voici une version remixée et plus rythmée d’un parcours qui n’avait aucune visibilité tant pour la communauté éducative que pour les élèves. Un élève quittant le collège ou le lycée aujourd’hui serait bien en peine de concevoir son parcours de citoyenneté au sein de l’École, ou même d’avoir un regard global sur ce parcours. Le défi est non seulement de développer les actions des élèves, leur investissement concret,  mais aussi que ces actions prennent sens dans un cadre scolaire cohérent et transformé.

Suite au massacre d’Utoya (2011), le premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, souhaitait répondre au terrorisme par « plus de démocratie, plus d’ouverture. » La réponse française, c’est encore plus de pression sur notre jeunesse,  un discours incitant à la fois à l’ouverture et à l’exercice des droits et affirmant en même temps de vieilles recettes comme le retour à l’autorité ou la prescription d’un nouvel enseignement. Le programme de l’enseignement moral et civique (EMC) pour le collège n’est-il pas déjà une occasion ratée ?

Que restera-t-il au final de ce énième parcours sans un nouveau paradigme démocratique dans notre système scolaire ? Laurent Fillion, professeur d’histoire-géographie en collège, qui a dirigé l’ouvrage « éduquer à la citoyenneté : construire des compétences sociales et civiques » (Crap/scéren-canopé, 2012) nous livre quelques pistes et réflexions.

On en discute sur Twitter avec la balise #parcourscitoyen

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s