Bilan de la conférence de consensus sur la lecture

La lecture, un apprentissage long

Quels sont les principaux obstacles rencontrés dans l’apprentissage de la lecture ?Comment enseigner la lecture dans toutes les disciplines ?Quelles sont les spécificités de la lecture numérique ?

Le 12 octobre, la deuxième conférence virtuelle interactive du Cnesco portait sur la compréhension en lecture. Jean-Émile Gombert, président du jury de la conférence de consensus organisée en mars 2016, et Jean Écalle, expert de l’apprentissage de la lecture, ont présenté l’état de la recherche et les conclusions concrètes proposées par le jury.

Les constats sont les suivants :

  • 39 % des élèves sont en difficulté à la sortie de l’école primaire : ils ne sont pas en capacité d’identifier le sujet principal d’un texte, de comprendre des informations implicites et de lier deux informations explicitées séparées dans le texte. Seuls 29% des élèves sont capables de trouver les idées essentielles d’un texte pour le résumer.
  • À l’entrée en 6ème, un élève sur cinq avait, en 2007, des difficultés liées à la connaissance de mots du langage courant.
  • 37 % des élèves ne maîtrisent pas la lecture à la fin du collège, 19 % sont même en grande difficulté (2012). Les écarts de niveau entre les élèves les plus performants et les moins performants sont très importants et ils se creusent au cours de la scolarité.
  • L’enseignement de la lecture doit continuer de la maternelle au collège et pas seulement lors des cours de français. Il doit prendre en compte le développement du numérique.

Les conférences de consensus permettent de faire des ponts, trop souvent manquants, entre recherche et pratiques pédagogiques. Celle sur la lecture rejoint dans certaines de ses préconisations, l’étude « Apprentissage de la lecture et de l’écriture au CP  » dirigée par Roland Goigoux entre 2013 et 2015.

Les recommandations du jury développées par les deux chercheurs s’articulent autour de 6 axes :

Axe 1 : Identifier les mots

  • Enseigner le principe alphabétique et faire acquérir la capacité d’analyser les mots à l’oral pour en identifier les composants phonologiques dès la maternelle.
  • Introduire au moins une dizaine de correspondances graphèmes/phonèmes, dès le début du CP, afin de permettre aux élèves de décoder des mots de façon autonome.
  • Faire régulièrement des exercices d’écriture parallèlement à ceux de lecture dès le CP.
  • Faire régulièrement lire les élèves à haute voix.
  • Poursuivre l’analyse phonologique et l’étude des correspondances graphème/phonèmes tant que l’élève éprouve des difficultés à oraliser les mots écrits, ceci tout au long du cycle 2, voire du cycle 3.

 

Axe 2 : Développer la compréhension

  • Développer le vocabulaire et la compréhension orale dès la maternelle.
  • Consacrer un temps conséquent à l’étude de la langue dès la maternelle et tout au long de la scolarité obligatoire.
  • Privilégier un enseignement explicite de la compréhension pour tous les élèves et le prolonger aussi longtemps que nécessaire.

 

Axe 3 : Préparer « l’entrée en littérature »

  • Enseigner l’identification des différents types de textes et inciter les élèves à réfléchir sur leurs pratiques de lecture.
  • Faire de la classe un lieu d’écoute et de parole.

 

Axe 4 : Lire pour apprendre

  • Consacrer un temps d’apprentissage à la lecture des textes dans chaque discipline.
  • Développer des stratégies de lecture-compréhension.
  • Contribuer à la lecture de documents dans toutes les disciplines et participer à des projets interdisciplinaires.

 

Axe 5 : Lire à l’heure du numérique

  • Former les enseignants à l’utilisation des nouveaux outils pédagogiques.
  • Assurer le développement d’habiletés complexes qui caractérisent la lecture en environnement numérique.

 

Axe 6 : Prendre en compte la diversité des élèves

  • Faire de l’accès aux compétences de lecture et de compréhension un objectif prioritaire pour tous les élèves.
  • Identifier les principaux obstacles rencontrés dans l’apprentissage de la lecture pour ensuite proposer des démarches et des outils adaptés.

 

Les connaissances précoces sont à développer à la maternelle. Il faut éviter de faire lire les élèves en trop grande difficulté à voix haute devant le reste de la classe. Pour ces derniers, il faut privilégier d’autres organisations pédagogiques. Les dispositifs spécialisés restent primordiaux (PDMQDC, RASED). Les outils numériques sont aussi une opportunité dont les enseignants doivent se saisir.

Les recherches conduisent aussi à pointer un aspect crucial pour l’enseignement, celui de la différenciation, pour lequel des recherches supplémentaires sont encore nécessaires. La différenciation sera la thématique de la prochaine conférence de consensus qui aura lieu en mars 2017.

 *Cnesco : Centre national de l’évaluation du système scolaire

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