Un EPI à propos des attentats

sortie dominique chaudey

Comment est né ton projet de faire travailler les élèves sur les attentats ?

Comme souvent dans ce type d’activité « hors les murs », c’est une succession d’échanges et des rencontres qui est à l’origine du projet.
Au départ, dans le cadre de l’Enseignement Moral et Civique, j’ai fait réfléchir mes 3èmes sur le poème d’Amin Maalouf, Un automne à Paris. Le collègue d’éducation musicale s’en est aussi emparé. Dès lors, je souhaitais donner une dimension plus ambitieuse à cette étude. J’ai donc sollicité le Député Jean-Michel Villaumé, membre de la Commission de la Défense à l’Assemblée Nationale, il a participé à l’enquête sur les attentats. Très rapidement, l’idée d’aller à Paris s’est ainsi imposée.

Justement, comment s’est effectuée la préparation ? Comment les élèves se sont-ils impliqués ?

Ils ont eu à « choisir » une des victimes des attentats du 13 novembre 2015 à travers le Mémorial du Monde. Ce choix fait, ils devaient lui rendre hommage sous la forme qui leur semblait la plus pertinente. Une lettre, une affiche, un dessin ont été les productions les plus nombreuses. Ensuite, il fallait organiser la rencontre à Paris.
La Documentaliste, également impliquée, a orienté les élèves sur la pratique du débat initiée en classe à partir des thèmes suivants (les faits, la résilience et la reconstruction, la vie « après », le statut de « victime », le traitement médiatique, le travail de mémoire, le rapport aux politiques…). On a donc fait un Enseignement Pratique Interdisciplinaire sans le vouloir au départ !

En plus du Député, d’autres partenaires ont-ils été associés à ce projet ?

Oui. Deux associations de victimes Life for Paris et Fraternité et vérité nous ont fait l’honneur de venir. Leurs témoignages, dignes et solennels, étaient bouleversants.
Les deux journalistes du Monde, à l’origine du Mémorial, étaient aussi présentes.
Après une réunion plénière, des ateliers se sont mis en place : il s’agissait de réfléchir sur des questions plus générales : Pourquoi la France est-elle visée ? Quel rôle un futur lycéen, loin de Paris, peut-il jouer pour changer les choses ? Quel regard portons-nous sur ces faits dans le flux de l’actualité ?…
Le journal local, l’Est Républicain, a relaté à deux reprises notre projet : les élèves ont pu y exprimer pleinement leur ressenti.

Pour conclure, as-tu trouvé tes élèves changés ? Qu’ont-ils retenu de cette rencontre ?

Ils étaient, au départ, assez dubitatifs et ils appréhendaient d’échanger avec les associations de victimes. Beaucoup n’étaient jamais allés à Paris. Leurs visages dans le bus du retour m’a fait comprendre que les objectifs étaient atteints au-delà de nos espérances : ils s’étaient impliqués sur un sujet douloureux ; ils avaient pu exprimer leur empathie et gérer leurs émotions.
Je laisse le mot de la fin à Arnaud qui a confié au journaliste de l’Est Républicain : « La rencontre sur le terrain m’a rendu plus fort, c’est important d’en parler ».
J’espère pouvoir intégrer cette action dans le projet d’établissement et lui donner plus d’envergure à l’avenir.

Témoignage de Dominique CHAUDEY,
professeur d’histoire géographie
au collège Pierre et Marie Curie d’HERICOURT

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