SAV’endormis, un projet neurosciences en 1ère S

Des lycéens de 1ère S se sont lancés dans un travail sur le sommeil, une des problématiques de leur quotidien comme ils l’expliquent dans la présentation de leur projet iciCédric Pignel, leur professeur de SVT a accepté de répondre à nos questions.

Comment vous est venue l’idée de vous lancer dans ce projet avec vos élèves ? En quoi les Savanturiers vous ont-ils aidés, accompagnés ?

J’avais participé il y a 2 ans, à l’époque en collège, à un premier projet « Savanturiers du cerveau » et j’avais envie de recommencer l’expérience avec des lycéens. L’objectif était double : découvrir le monde de la recherche, échanger avec des scientifiques et mener un véritable projet d’éducation à la recherche. Le thème du cerveau et des neurosciences se prêtait particulièrement bien à ces deux objectifs : c’est un thème abordé dans le programme de 1ère S, on peut lire tout et n’importe quoi à ce sujet donc l’esprit critique et scientifique est de rigueur pour le traiter et enfin, nous avons, à Bordeaux, un grand pôle universitaire sur les neurosciences : le neuro campus.

Dès le début, les Savanturiers m’ont aidé à mettre en place ce projet : en me mettant en contact avec un mentor scientifique, en proposant un MOOC couplé à la plateforme d’échanges Viaéduc et, plus généralement, en répondant présent à chaque fois que j’avais besoin d’aide, de conseils, d’encouragement, de pistes. L’équipe étant composée d’enseignants, de chercheurs en sciences de l’éducation, de neuroscientifiques, leur aide fut précieuse.

À quels besoins répondait ce projet ?

Il répondait à deux besoins :
Donner à des lycéens de série scientifique le goût de la recherche et de la science, leur montrer un aperçu de ce qu’était la recherche, la vie d’un chercheur, bref, faire un travail d’aide à l’orientation.
Travailler la méthodologie, les compétences scientifiques, la démarche d’investigation via un projet concret de recherche rigoureux et exigeant. Participer à un tel projet permettait aux élèves de travailler la problématique, les hypothèses, la recherche documentaire, la mise en place d’un protocole, l’analyse et l’interprétation des résultats, la communication scientifique mais aussi des capacités plus transversales comme l’esprit critique, la coopération, la vérification des sources, l’expression orale et surtout, indispensable selon moi, l’autonomie.

Sur quels travaux vous êtes-vous appuyés ? Comment avez-vous travaillé avec les chercheurs ?

J’avais déjà un petit socle de connaissances en neurosciences, de par ma discipline enseignée, les SVT, mais aussi parce que j’avais suivi des formations avec la Main à la Pâte et déjà participé à un projet Savanturiers. Au cours de l’élaboration de ce projet, j’ai été guidé par les chercheurs des Savanturiers qui m’indiquaient quels travaux, quelles publications étaient susceptibles d’être en lien avec mon projet. De plus, ma collègue professeure documentaliste a été d’une aide précieuse en faisant aussi une veille documentaire et en nous fournissant, à mes élèves et moi, de nombreuses ressources.

Le travail avec les chercheurs s’est fait à deux niveaux.
Avec les élèves, ils étaient la référence et le mentor, celui sur lequel on s’appuie. Notre mentor, Jaques Taillard, est un ingénieur de recherche au laboratoire SanPsy de Bordeaux. Il a rencontré les élèves, les a guidés, conseillés, aidés sur la méthodologie, le protocole, l’analyse des résultats tout en leur parlant de sa vie de chercheur dans un laboratoire. D’autres scientifiques des Savanturiers, comme Roselyn Chauvin, les guidaient via le Padlet du projet en proposant des ressources, des pistes d’études.
Jamais les scientifiques ne se sont posés comme « ceux qui savent », chez qui on allait chercher des réponses mais plutôt comme « ceux qui savent chercher » qui aident et conseillent.
Avec moi, les chercheurs préparaient en amont, et analysaient en aval. Ils étaient là pour me donner des pistes mais surtout pour me rassurer sur la rigueur des protocoles, sur les biais possibles etc…

Comment s’est organisé le travail ?

Le projet Savanturiers du Cerveau s’est organisé dans le cadre de l’AP, l’accompagnement personnalisé, à raison d’1h par semaine. Nous avons consacré environ 30 heures à ce projet.
Celui-ci a débuté dès la rentrée. À la Toussaint, après avoir étudié l’état actuel de la recherche en neurosciences et en psychologie cognitive, les élèves ont choisi un thème d’étude : le sommeil.
En février, après l’état de l’art, le visionnage du film Mémento de Christopher Nolan, et de nombreux débats, une problématique était trouvée : Existe-t-il un lien entre le sommeil (durée, qualité) et l’attention ? Le protocole a été mis en place à Pâques et l’analyse des résultats s’est faite en suivant. Fin mai, nous étions prêts à participer au congrès des jeunes chercheurs, à la Cité des Sciences, où mes élèves ont pu exposer leurs recherches et leurs conclusions.
À part le domaine de recherche (les neurosciences) imposé par moi au début, ce sont les élèves qui ont choisi leur thème d’étude et leur problématique. Je n’étais, pour ma part, pas très chaud pour étudier le sommeil mais je leur ai fait confiance et j’ai eu raison.
Au début, j’étais très guidant, sinon dans les sujets abordés, du moins dans les méthodes et outils de travail : travaux en groupe ou individuels, carte mentale, Padlet, rédaction de résumé scientifiques, utilisation d’un Padlet commun, exposé oral de leur proposition etc… Petit à petit, au fur et à mesure qu’ils s’emparaient des outils et devenaient autonomes, je devenais moins directif, étais plus dans un rôle de conseiller ou d’expertise. À la fin du projet, je ne suis absolument pas intervenu sur le poster scientifique qu’ils ont présenté au congrès, ni sur leur exposé que j’ai quasi découvert en même temps que le public lors de leur conférence.

Quels apports de ce projet pour les élèves ? pour les enseignants ?

J’ai fait un retour d’expérience avec ma classe juste après le congrès. Ce que les élèves ont le plus apprécié, c’est de mener un projet de groupe, en coopération. C’est ce qui ressortait de plus positif : avoir mené tous ensemble un projet jusqu’au bout. À l’inverse, ceux qui ont le moins trouvé leur compte dans ce projet étaient ceux qui ont été déstabilisés par cette autonomie accordée.
Par contre, ils n’ont pas (encore ?) conscience de ce que ça leur a apporté en termes de méthodologie dans leur vie scolaire. Le travail de métacognition n’est pas encore fait alors que mes collègues et moi remarquons maintenant leur aisance à proposer des hypothèses construites, à analyser un protocole, à repérer des biais. Lors du congrès, ils parlaient avec aisance de coefficient de corrélation, d’erreur types, de biais de confirmation, ils ne font pas encore le lien avec leur quotidien scolaire, mais ça viendra.
Pour l’enseignant que je suis, ce projet m’a permis de travailler la méthodologie, de façon différenciée, sur un projet concret et exigeant. Cela m’a demandé aussi de savoir parfois lâcher prise… Enfin, cela m’a permis de travailler en collaboration avec un chercheur sur un projet où chacun apporte son expertise.

Que conseilleriez-vous à des collègues qui souhaiteraient se lancer à leur tour dans ce type de projet ?

D’y aller, de ne pas se soucier de ne pas savoir, de ne pas craindre de laisser les élèves proposer, essayer. D’être rigoureux, exigeant, avec des objectifs pédagogiques, méthodologiques clairs. Et de contacter les Savanturiers pour un accompagnement de qualité.

Cédric Pignel (@CedricPignel sur Twitter)
professeur de SVT au lycée Mauriac de Bordeaux

Les étapes du projet sur le site « Les Savanturiers du cerveau »
Le poster du projet réalisé par les élèves :
sav

Retrouvez en cliquant ici l’ensemble de notre dossier « Neurosciences »

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