Projet d’éducation à la solidarité et à la fraternité

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Arrivée au Burkina Faso et accueil par 2 correspondantes qui auront la chance de venir découvrir la France.

Tout d’abord, félicitations pour la grande qualité du site de votre association : rigueur, clarté, des rubriques, des photos, des liens… Un vrai professionnalisme ! Comment faites-vous ? Qui gère votre site ?

Pour la partie club solidaire, ce sont les élèves du club qui sont en responsabilité. Pour l’association, c’est moi qui alimente le site. Pour le créer, je me suis appuyée sur Wifeo, outil très aidant pour créer un site avec des designs prêts à l’emploi et personnalisables.

Nous y apprenons que votre association est reconnue depuis l’année 2009. Vous en êtes la Présidente. Pourriez-vous nous dire ce qui vous a motivé pour accepter cette responsabilité ? Qu’est ce qui vous a le plus attiré dans ce projet ? Comment le choix s’est-il porté sur ce pays, le Burkina Faso ?

L’aventure a débuté en 2006 du temps où nous avions des classes à projet. Ma collègue professeur de maths avait présenté un projet un peu particulier. Elle avait regroupé dans une classe les élèves volontaires pour lesquels, on savait très bien que l’accès à la seconde générale serait difficile. Le but était de les remotiver autour d’un projet fédérateur. Nous avions choisi le thème de « l’eau sous tous ses aspects ». L’alimentation, le traitement et la distribution au niveau local ; l’eau source naturelle avec découverte des lacs de montagne, les barrages et les captages ; l’eau qui soigne avec découverte des bains et des thalassothérapies. Pour nous aider dans ces différents domaines nous avons associé 3 étudiants de l’ISNAB de Bordeaux car la gestion et la maitrise de l’eau étaient leur domaine d’étude.
Un seul volet nous manquait : Le manque d’eau. Sous l’impulsion de notre Principal (à l’époque M. Beylier) et sur la proposition avec M. Ledru, responsable des affaires internationales au conseil général, nous avons décidé de travailler avec le Burkina Faso. En effet, à l’époque M. Madrelle, Président du conseil général de la Gironde, avait des liens d’amitié avec ce pays d’Afrique de l’Ouest. Sans vraiment savoir où on allait, ma collègue et moi avons relevé le défi et avons crée un lien avec M. Bado, enseignant de français au collège Sainte Marie de Tounouma à Bobo Dioulasso.
Très vite, nous avons compris que pour garder des liens entre nos 2 établissements et pour faciliter les échanges culturels entre les jeunes, il nous fallait mettre en place une association. Cette structure pourrait ainsi aller à la recherche de fonds car, en dehors de l’Europe, il n’y a pas d’aide pour la mise en place de projets internationaux. Nous devions donc faire preuve d’inventivité et de dynamisme. Ma collègue étant à un an de la retraite j’ai bien voulu assumer cette responsabilité de présidente de l’association ARPECA car, pour nous, l’aventure devait continuer.

Comment s’organise la vie de l’association au sein du collège ? Comment les collégiens s’impliquent-ils ? Comment fonctionnent les clubs ?

L’association a très bien fonctionné de 2009 à 2017. Nous fonctionnions par convention avec le collège pour soutenir l’appariement entre les 2 collèges.
Les clubs (club solidaire et tableaux de sable) étaient animés entre 13H00 et 14H00 avec des adhérents. Les jeunes s’impliquaient dans les actions mais aussi dans les montages de projets et enfin dans leur scolarité. Ils se sont ouverts à une autre culture et à d’autres valeurs. « L’Humain » étant toujours au cœur des projets.
Jusque là tous les principaux auxquels le projet avait été présenté l’ont porté avec fierté. Mais il en a suffit d’un qui ne partageait pas nos valeurs pour que tout s’arrête. C’est ce qui s’est passé fin juin 2017 où pour une volonté d’ingérence dans l’association que j’ai combattu, la convention n’a pas été résignée. Ce qui a mis fin, avec regret, à notre partenariat.

Quels sont les liens avec la communauté éducative ? Comment se mobilise-t-elle ? Est-ce plutôt l’affaire de quelques profs ou est-ce davantage un projet collectif ?

Nous avons fédéré des adultes de la communauté scolaire mais aussi des adultes hors éducation nationale et des élèves. Cette ouverture de l’école sur le monde extérieur était une belle expérience où l’élève devenait acteur de son parcours et de ses projets.
Au début quelques enseignants se sont portés volontaires mais les mouvements de personnels ont cassé cette dynamique. Les nouveaux arrivants apparaissent plus soucieux de savoir comment assoir leur autorité que de s’investir dans ce projet humaniste et solidaire.

Où en sont vos projets pour l’année 2017-2018 ? L’accueil d’une délégation Burkinabé est-il en bonne voie pour le mois de mai ?

Je vous avoue que les batailles menées m’ont laissé un gout amer. L’administration rectorale n’a pas donné l’autorisation à notre délégation (adultes+ élèves) de partir en octobre 2017 pour finaliser avec les enfants tout le travail entrepris depuis 2 ans.
Après 10 ans de bons et loyaux services, l’institution scolaire ne semblant plus vouloir porter le projet, j’ai décidé de me retirer de la présidence d’ARPECA et de mettre fin à mes responsabilités liées à l’animation de l’appariement entre les 2 établissements scolaires. Comme personne n’a voulu reprendre le flambeau, les membres du bureau et moi-même avons décidé de continuer à financer les projets du Lycée Mixte de Gounghin pour améliorer le travail déjà entrepris. Cette action consistait à transformer la salle de restauration nouvellement créé par nos soins en une salle polyvalente au service de toute la communauté.

Nous avons également décidé d’offrir à 2 membres de l’association des parents d’élèves du Lycée Mixte de Gounghin un séjour pour venir découvrir la France et notre région puisqu’ils ne sont jamais venus.
Ce sera la fin de cette belle association très bientôt, prochainement en août 2018

En quelques mots, quelles valeurs votre association permet-elle de faire vivre ? Que nous apporte l’Afrique de manière générale ?

La ligne de conduite d’ARPECA était de mettre en œuvre des projets humanistes, d’agir dans l’intérêt commun, pour l’ouverture et le développement personnel au contact de l’humain et de sa différence. Dépasser ses peurs, ses aprioris, vivre au quotidien avec des locaux pour se rendre compte des difficultés surmontées…
En organisant 8 voyages d’échanges culturels et pédagogiques d’élèves, d’enseignants et de parents d’élèves du sud vers le nord et du nord vers le sud entre 2006 et 2016, nous avons cultivé la connaissance de l’autre et développé l’amitié et la fraternité entre les peuples. Nos élèves ont véritablement pris conscience de ce que veut dire la « FRATERNITÉ ».

En quoi l’animation socio-éducative  vous semble-t-elle une dimension fondamentale du métier de CPE ?

Les CPE sont trop souvent sollicités par des collègues qui n’ont que très peu de recul sur la gestion de classe, l’adolescence, l’autorité, la sanction « intelligente ».
Pour moi, sans ignorer que l’application du règlement intérieur fait partie de mes missions, il est nécessaire que les élèves me voient autrement, découvrent une autre facette de mon métier. Partir dans un pays totalement inconnu et vivre avec eux pendant 10 jours une expérience unique permet de créer des liens et change leur regard sur notre fonction. Nous passons souvent un temps disproportionné à gérer punitions et sanctions au détriment de l’animation qui est un versant valorisant et essentiel de notre profession.

Interview de Geneviève Orensanz,
CPE du collège Pierre Martin de Rauzan (33)

Le site de l’association

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Retour en France après 10 jours au Burkina. Ne trouvez vous pas qu’elles ont changé ?

 

 

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