Sophia Lamri n’est pas WonderWoman et c’est tant mieux !

Quand Sophia arrive dans une école ou un établissement, c’est que quelque chose ne tourne pas rond. Elle aimerait bien se consacrer davantage à des actions de prévention, mais malheureusement, quand elle est là c’est que le vase a déjà débordé.

Sophia est médiatrice prévention violence scolaire.

Quand elle est présente lors d’une « équipe éducative », difficile d’échapper à son regard vigilant mais jamais intrusif. Elle regarde et elle écoute.
Elle écoute la parole des enseignants découragés qui ne savent plus quoi faire après avoir « tout essayé » pour cet élève qui les empêche de s’occuper des autres. Elle écoute la parole des parents dépassés qui ont pourtant « tout fait pour que leur enfant réussisse à l’école. » Elle écoute la parole des élèves, celle des petits comme celle des adolescents.
C’est seulement après avoir longuement regardé, et longuement écouté, qu’elle prendra la parole.
Sophia, c’est celle qui se place au milieu, mais un peu à côté quand même. Celle qui redonne à la fois « de la place » et « sa place » à chacun, qu’il soit adulte ou enfant. Elle vient s’installer pour un temps au cœur de la communauté éducative indispensable à un enfant pour qu’il grandisse. Parfois cette communauté est à reconstruire parce que les liens sont tellement distendus qu’il est même devenu difficile de se parler.

Sophia est médiatrice prévention violence scolaire dans l’académie de Créteil.

On ne peut pas devenir médiateur comme ça, n’importe où. Il faut être imprégné de la sociologie du territoire où l’on exerce, connaître les familles et leurs cadres de références, les quartiers et leurs histoires plurielles ; les joies, les drames. Ca tombe bien, c’est en Seine-Saint-Denis que Sophia a été enfant, élève, enseignante spécialisée, au long d’un parcours de vie qui n’était pas tracé d’avance.
C’est dans l’académie de Créteil qu’elle a rencontré Marc Bablet à l’époque où il était directeur académique adjoint et qu’il avait décidé de prendre à bras le corps les questions de violence scolaire. Porteur d’un véritable projet, il ne cherchait pas à désigner des responsables, ni à mettre les problèmes sous le tapis ou à coller des rustines. Il a décidé de s’attaquer au problème par les causes, de former des gens capables d’en faire le diagnostic et aider à l’émergence de solutions. Il a recruté Sophia et quatre autres médiateurs.

Sophia n’est pas WonderWoman.

N’attendez pas de Sophia qu’elle vous dise ce que vous devez faire. Ou ne pas faire. Ou qu’elle fasse les choses à votre place. Bien sûr, dans l’urgence, elle peut proposer des solutions. C’est d’ailleurs souvent pour ça qu’elle est saisie par un chef d’établissement ou un IEN qui constate la souffrance des enseignants, aux premières loges face à la violence de certains élèves.

Agir dans l’urgence, c’est ce que regrette Sophia Lamri. Les problèmes ne surgissent pas un jour, comme ça, sans prévenir. Ils surviennent quand l’enfant « ne peut plus » et qu’en face de lui, les adultes ne « tiennent plus le cadre ». Mais les problèmes étaient déjà là, parfois depuis longtemps, plus ou moins visibles, plus ou moins exprimés…

C’est pour cela que Sophia n’arrive pas avec une « mallette de secours » qui s’utiliserait clé en main. Elle va d’abord écouter les acteurs, tenter de « défaire les nœuds », affiner la problématique pour déceler ce qui relève du soin, de l’éducatif, des aménagements pédagogiques à envisager.
Ouvrir et enrichir le groupe d’adultes, étoffer le maillage autour de l’enfant, et autour de ceux qui souffrent de la situation, c’est le cœur du métier de Sophia.

Mais surtout, et elle insiste beaucoup sur ce point, elle formera les équipes « après la crise » pour ne pas que cela se reproduise. Pour que l’on n’en arrive plus à ce point de rupture qui finit trop souvent dans la page des faits divers. Sophia choisira toujours de sauver un enfant. Quel qu’en soit le coût pour les adultes.

Sophia Lamri n’a qu’un défaut, c’est qu’il n’y a pas assez de Sophia Lamri.

 

 

 

 

Le médiateur prévention violence scolaire intervient :
– dans le premier degré, au sein de l’équipe de circonscription
– dans le second degré en lien étroit avec les chefs d’établissements.

Son intervention se justifie quand un grand nombre d’actions et de remédiations ont été mises en place et semblent ne pas avoir produit les résultats attendus.

Le médiateur prévention violence scolaire est un enseignant qui détient une expertise de la violence scolaire fondée sur une connaissance :
– de la psychologie de l’enfant, de l’adolescent et de son environnement social et familial ;
– des institutions (Éducation, Justice, Police, Santé) avec qui il entretien des liens étroits ;
– des outils et des ressources départementales.

Le médiateur ne juge ni une personne ni un environnement.
Il respecte la confidentialité inhérente au traitement des situations individuelles qu’il a à connaitre.

(source : dsden 93)

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