Projet « débats citoyens » en LP, Claire CPE témoigne

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Vous avez été pilote du projet « débats citoyens » dans votre lycée professionnel. Pouvez-vous nous dire ce qui est à l’origine de votre motivation pour avoir accepté cette responsabilité ?

Au mois de mai, au milieu de tous les mails, j’ai vu passer l’appel à projets. J’ai trouvé que cette action donnait du sens à des actions qui avaient déjà lieu dans l’établissement et qu’il permettrait aux élèves d’avoir accès à des activités qu’ils ne connaissent pas ou peu. J’ai choisi volontairement des classes un peu éloignées de la majorité des projets.
C’était également l’occasion de rencontres avec des collègues d’autres horizons et de participer à formations pointues et très intéressantes.

Un premier volet de ce projet a consisté en l’organisation d’une table ronde. Sur quel thème ? En direction de quel public ? Avec quels intervenants ?

Plus qu’un volet, la table ronde était l’activité vers laquelle tous les autres projets devaient tendre. Chaque action liée l’une à l’autre devait permettre aux élèves de se préparer à la table ronde. Étant en lycée professionnel, nous avons choisi le thème du travail. La question des élèves était « Pourquoi travailler ? ». Vaste question. Nous voulions proposer aux élèves d’élargir leur vision du monde professionnel, notamment dans le bâtiment.
La table ronde devait être publique, majoritairement ce sont les élèves du LP qui sont venus y assister, quelques élus également.
Nous avons choisi 4 intervenants : un député, un président d’une SCIC, le président de la MGEN 01 et une cantatrice.

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Comment avez-vous assuré la communication de cet évènement ? Pourquoi pensez-vous que l’accueil et la convivialité font partie de la réussite du projet ?

La communication est passée par un affichage sur le site du lycée et l’envoi d’invitations personnalisées aux familles ainsi qu’aux élus.
La journée de la table ronde se passait en deux temps, le matin, rencontre des classes avec les intervenants et l’après-midi la table ronde avec une rétrospective des actions menées dans l’année.
Nous voulions créer des temps d’échanges formels et informels entre tous les participants. Assurer un temps convivial montre, à mon sens, la considération que nous portons aux élèves, intervenants et aux participants . Il me semble impossible d’envisager un projet transversal sans passer par un échange convivial et un moment de valorisation du travail des élèves.

Un second volet du projet comprenait la participation à un chantier-jeunes. Quels ont été les aspects positifs de l’organisation de cette manifestation ? Quels ont été vos points de vigilance concernant le budget et la participation des familles ?

Le chantier-jeunes est le projet que j’ai piloté parmi d’autres portés par les collègues enseignants et CPE.
Avec un enseignant, j’ai accompagné quelques élèves de deux classes dans le hameau coopératif du Viel Audon en Ardèche. Hameau rénové depuis 40 ans exclusivement par des bénévoles de 16 à 25 ans. Le résultat est bluffant.
L’organisation du travail y est particulière et très intéressante. L’association qui nous a reçus recherche la coopération et la responsabilisation individuelle. Les élèves ont apprécié de partir créer des choses, même si au départ, l’idée de partir pour travailler leur semblait étrange.
Au vu du public accueilli au lycée, j’ai plaidé la cause des élèves au conseil d’administration pour limiter la participation des familles à 50 € pour un séjour de 5 jours. Malgré mes arguments qui ont convaincu les membres du CA, il fut difficile d’obtenir l’adhésion de certaines familles pour laisser partir leurs enfants.

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Les « débats citoyens » ont donné lieu à une publication collective. Quel en était le contenu ? Quels ont été les pistes pédagogiques proposées pour réinvestir le compte-rendu des débats ?

La publication collective était en option, nous n’y avons pas pris part. Le travail demandé était compliqué à mettre en place pour notre 1ère participation. J’en dirai tout de même quelques mots. Il s’agissait de donner un cadre commun pour assurer un minimum de cohérence à l’ouvrage. Il ne s’agissait pas de restituer l’ensemble des paroles des intervenants mais de procéder à des synthèses autour de questions posées permettant d’identifier les argumentaires des uns et des autres. Les pistes pédagogiques permettaient à la fois de prolonger la réflexion (notamment par une bibliographie) et de valoriser des travaux d’élèves (revues de presse, compte rendus…)

Diriez-vous que l’éducation à la citoyenneté fait partie de vos priorités d’action en tant que CPE ?

J’aimerais qu’elle puisse l’être. Nous essayons de porter 3 projets citoyens par an en vie scolaire et en commun avec les services santé/social.
Il me semble essentiel d’ouvrir les élèves à des choses qu’ils ne connaissent pas. L’école doit leur donner envie d’être curieux, de réfléchir, de rencontrer les autres.
La richesse de ces projets n’est pas suffisamment exploitée et permet pourtant de donner du sens à l’école. La citoyenneté c’est assez concret en fait.

Claire GOURLIER (CPE académie de LYON)

 

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