Un projet de fresque murale au collège

En quoi ce projet de réalisation d’une fresque murale dans l’établissement dépasse-t-il le cadre strictement artistique ?

Il s’agit d’un projet à travers lequel les élèves travaillent sur les notions de respect des personnes et des biens, sur les notions de citoyenneté et de solidarité. À travers ce projet, ils s’approprient l’espace du collège, apprennent à le respecter. En cela, il s’agit d’un projet artistique mais également pédagogique.

Quel a été le public ciblé ? Pourquoi l’avoir choisi ? S’agissait-il d’élèves volontaires ou désignés ?

Le public ciblé était en priorité des élèves en situation de décrochage scolaire, en délicatesse avec l’école ou en manque d’estime de soi. Dans un premier temps, j’ai procédé à un affichage destiné à tous les élèves, puis j’ai reçu en entretien les élèves ciblés et leur ai exposé le projet. Certains ont adhéré, d’autres non. Ainsi, le groupe était assez hétérogène, avec des jeunes de tout âge et des parcours scolaires différents.

Une première étape du projet a consisté à déterminer les thèmes représentés. Quelle technique d’animation avez-mis mise en œuvre ? Pourquoi ? Quels sont les sujets qui ont retenu l’attention des élèves ?

 La première séance s’est déroulée dans une salle de classe. Il a fallu tout de suite captiver l’attention des élèves et leur montrer que rapidement ils passeraient à la pratique. Sur un tableau blanc, l’intervenant et moi-même leur avons demandé d’écrire tous les mots qui leur semblaient en lien avec la citoyenneté. Une trentaine de mots sont ressortis. Nous en avons alors sélectionné une dizaine, ceux qui leur paraissaient les plus fondamentaux. À partir de ces mots (égalité, solidarité, respect, inclusion…) nous avons réfléchi au dessin mural et à ce qui pourrait les symboliser. Les élèves ont alors proposé de réaliser un paysage, le leur, dans lequel on inclurait une Marianne des temps moderne « La Marianne nouvelle génération ». Nous avons posé tout ceci par écrit et proposé ce thème au chef d’établissement.

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Une seconde étape, plus concrète, a débouché sur la confection de la fresque murale elle-même. Comment les séances se sont-elles organisées et avec qui ? Quelles compétences ont été travaillées lors de ces ateliers ?

Les séquences de réalisation pratique ont majoritairement été encadrées par un intervenant de l’association Maquis Arts et moi-même sur le temps du mercredi après-midi (14h-17h). Toutefois, Mme Pychou, gestionnaire a largement participé à ces séquences. De plus, à chaque séance, des adultes du collèges sont venus aider temporairement ou encourager les élèves (professeurs, principal et principale adjointe, AED etc.). Le déroulement type d’une séance est l’installation du matériel, l’entrainement sur cellophane, le passage sur le mur, le rangement du matériel.
Les élèves ont travaillé diverses compétences du socle commun lors de ces ateliers telles que la prise en compte des règles communes, la maitrise des expressions et du langage, la manifestation de son appartenance à un collectif, coopérer avec des pairs, pratiquer et comprendre le langage artistique etc.

Une action comme celle-là nécessite aussi un budget de fonctionnement. Comment a-t-il été construit ? Vous êtes-vous heurté à des résistances ?

Le budget a été fixé à partir d’un devis demandé à l’association Maquis Arts après visite des lieux. Le projet a été ensuite présenté au chef d’établissement avant d’être soumis au vote du Conseil d’administration. Très peu de réticences ont été rencontrées hormis quelques parents d’élèves en CA qui ont estimé que 2000 euros représentait une somme trop élevée pour un projet concernant un groupe de 15 élèves.

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Sous quelles formes avez-vous envisagé la valorisation des travaux réalisés par les élèves ? La couverture médiatique d’un tel évènement a-t-elle eu lieu ?

Une fois le projet terminé, nous avons organisé une exposition photographique des différentes étapes de sa réalisation ainsi qu’un temps d’inauguration en présence des élèves, du maire, des familles et des personnels de l’établissement. Les élèves étaient très fiers d’être ainsi félicités.

Pensez-vous que des élèves de lycée professionnel ou de lycée général et technologique pourraient se mobiliser sur ce projet autant que ceux d’un collège ? À quelles conditions ?

De par mon expérience en tant que CPE en lycée polyvalent, je dirais que oui puisque j’avais moi même dans le cadre du CVL réalisé un projet de ce type. Il s’agissait de repeindre et meubler une salle de détente à destination des élèves. L’important est que les élèves adhérent au projet et en saisissent les enjeux. À partir de ce moment là, tout est réalisable, à condition d’avoir le financement et le soutien de sa hiérarchie.

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Un projet en appelle souvent un autre…Quelles sont les idées que vous avez en tête dans votre nouvel établissement ?

En ce moment, je travaille sur la mise en place du dispositif de médiation par les pairs. C’est plus qu’essentiel dans un collège comme le nôtre où le climat scolaire n’est pas serein. En effet, le collège Gustave Flaubert accueille un public similaire à un établissement REP, rencontrant de grosses difficultés d’ordres scolaires et sociales. C’est un établissement de 700 élèves disposant d’une classe ULIS et d’un dispositif relais.
Quant au projet Arts urbains 2019, il est reconduit cette année et se déroulera au mois de mai. Nous allons réhabiliter les toilettes de la cour de recréation ainsi qu’un couloir délabré.

Marina BARES, CPE

 

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