Mener un atelier danse en collège, Nezha CPE, témoigne

Comment avez-vous identifié le besoin de créer un atelier danse au sein de l’établissement ?

L’atelier danse que j’ai initié est né jadis lorsque j’étais animatrice de centre de loisirs, à l’école des Lochères, dans le quartier des Grésilles à Dijon.

Durant mes nombreuses expériences d’animatrice, j’ai fait danser tous les âges, tous les profils d’enfants, au sein de différentes structures.

J’ai aussi fait danser les enfants du quartier, notamment pour la participation au festival  » Grésilles en Fête  » : quels bonheur et émotion quand les mamans, attendries par la prestation de leur progéniture – le samedi 17 juin 2000 – sont venues m’embrasser et me remercier !

Durant mon activité de surveillante au sein d’un collège, j’ai proposé à mon chef de service d’animer un atelier danse entre « midi et deux », ce qui a été très vite accepté !

À l’époque, j’animais aussi un atelier vidéo en partenariat avec le centre multi-médias, géré par la Ville de Dijon.

Lorsque j’ai été CPE stagiaire, au collège Henry Dunant à Dijon, mon tuteur, un homme admirable, m’a demandé d’animer un club durant la pause méridienne :  » Tu n’as pas le choix ! « , m’avait-il précisé. Il ne savait pas à qui il avait affaire ! Le choix du club était évident.

Au collège Françoise Dolto de Nogent, une élève m’avait demandé la veille du spectacle si elle pouvait intégrer le groupe.

La qualité de la prestation n’étant pas la finalité ultime du projet, j’ai surtout voulu savoir si cela lui ferait plaisir de danser parmi nous. Le lendemain, elle était sur scène !

Cet atelier danse a ainsi voyagé, au gré de mes expériences professionnelles et de mes mutations, jusqu’à Nuits.  

Avec combien d’élèves avez-vous travaillé ?

Une quarantaine pour le spectacle ; lors de certaines répétitions, bien plus, avec un renouvellement pendant les séances.

Mon groupe durant l’année a manqué de stabilité au niveau du public. En effet, mon objectif n’était pas de produire un spectacle de haute qualité pour la fin d’année scolaire, mais plutôt de toucher un maximum d’élèves aux profils divers et variés.  Par ailleurs, je n’ai jamais fermé la porte à un élève qui voulait tenter l’expérience à une période avancée de l’année comme je n’ai jamais « forcé » un élève à continuer l’activité s’il n’en ressentait plus l’envie.

De quels niveaux d’enseignement et de quels profils ?

Aucun filtre n’étant appliqué, tous les élèves étaient les bienvenus. La seule condition était d’avoir envie de danser au sein d’un groupe.

Tous les profils d’élèves ont été concernés : grands et petits, filles et garçons, sportifs ou pas, pratiquant une activité sportive extra-scolaire ou pas, etc.

À certaines périodes hivernales, la salle polyvalente était comble : le froid rapproche ! De la 6ème à la 3ème, filles comme garçons dansaient tous ensemble le kuduro, version « ensoleillée » du Madison.

Quand étaient fixés les temps d’apprentissages et de répétition du spectacle ?

Tous les jeudis entre 12h et 14h.

La difficulté était de s’adapter aux temps de passage à la restauration scolaire. Nous avons une grosse proportion d’élèves demi-pensionnaires. Il y avait les élèves qui terminaient les cours à 11h, qui pouvaient manger à 11h30 pour venir en danse de 12h à 13h (ou 14h). Il y avait ceux qui terminaient à 12h00, qui venaient d’abord à l’atelier, et qui déjeunaient en fin de service, aux alentours de 13h10, pour nous rejoindre ensuite. C’était une gymnastique quelque peu compliquée mais tout de même gérable.

J’avais donc un gros groupe d’élèves qui évoluait régulièrement durant les 2 heures.

C’est ce qui fait aussi que la maitrise des chorégraphies était loin d’être acquise, d’où ma présence sur scène, aux côtés des élèves,

Encore une fois, l’objectif recherché n’était pas la présentation parfaite de chorégraphies.

club danse photo 1Quels objectifs poursuiviez-vous en lançant cette activité ? Considérez-vous qu’ils aient été atteints ? Pourquoi ?

Les objectifs étaient nombreux.

Répondre à une demande des élèves en faisait partie. Il y avait là un vrai besoin chez les élèves, qui a donc été pris en compte.

L’atelier a permis aux élèves de se détendre, favorisant par la suite une concentration propice aux apprentissages de l’après-midi.

Il a permis aux enfants de se dépenser physiquement, de favoriser le lien social en faisant se côtoyer des élèves aux profils différents, de contribuer à leur bien-être au sein de l’établissement ; en bref, de concourir à générer un climat d’établissement serein.

Pendant ce moment, les élèves sont sainement occupés : le chahut et les bagarres dans la cour sont moindres, les dégradations aussi.
En outre, cet atelier a permis d’instaurer une relation privilégiée entre l’élève et l’adulte encadrant. L’élève est ainsi vu sous un autre angle.

Un autre objectif est de redonner aussi confiance à certains élèves qui se mésestiment. C’est un phénomène que j’ai pu constater à plusieurs reprises. Ces élèves parfois réservés sont différents sur scène, sur laquelle ils brillent.

Je pense aussi que ce type d’ateliers peut aider à (re)nouer la relation École-Famille, en réconciliant avec l’institution certaines familles réfractaires qui ont pu par le passé développer un rapport douloureux à l’École.

Par ailleurs, la visibilité du collège avec cet événement a été forte ce jour-là. En effet, environ 150 à 200 personnes étaient réunies à cette occasion. Certains membres du public n’avaient aucun enfant au collège mais s’étaient tout de même déplacés !

La fin du spectacle a même vu les spectateurs participer, les parents, élèves et professeurs motivés se mêlant aux danseurs, notamment pour danser le  » Madison « .

À mon sens, les objectifs ont été atteints.

Parlez-nous de la diversité des danses présentées lors du spectacle. Y avait-il un thème fédérateur ou un fil rouge à la représentation ? Dans quel créneau a-t-elle été fixée ?

J’ai juste repris les chorégraphies que j’ai inventées il y a 20 ans maintenant.

Certaines ont été empruntées à de vrais professeurs de danse (avec leur accord ).

Au programme : zumba, mais pas que ! Danse orientale, kuduro, modern jazz, etc.
Il n’y avait pas de fil rouge, ni de mise en scène comme on peut voir dans certains galas de danse.

Je ne suis pas professeure de danse mais juste un personnel d’éducation avec une solide envie de partager une passion.

La mise en place d’un tel spectacle requiert un certain budget pour prendre en charge les frais d’organisation. Comment l’avez-vous construit ?

Cela n’a rien coûté !

Le « vélo-sono » a été gracieusement prêté par une boutique de cycles installée à Beaune. Encore merci au gérant et à Morgan son employé !

Le pot de fin de spectacle a été l’occasion de partager un moment convivial entre les familles, les professeurs, les élèves, danseurs ou non.

Le thé à la menthe a cette magie de rapprocher les gens !

Cet événement n’aurait pas été réussi sans l’aide précieuse de mes collègues, toutes catégories confondues.club danse photo 3

Ce spectacle a-t-il fait l’objet d’une valorisation dans les médias locaux ? sur le site de l’établissement ?

Oui : sur le site du collège et sur le site du journal local, le Bien Public.

La pause méridienne est un temps fort de l’activité du CPE, notamment en collège. Pensez-vous que l’investissement du CPE dans l’animation socio-éducative doit constituer une de ses priorités d’action ? Pourquoi ?

Cette activité a beaucoup apporté à des élèves qui n’avaient pas forcément pour une raison ou une autre la possibilité de pratiquer une activité extra-scolaire.

Pour tout ce qui a été évoqué dans la question des objectifs, il est évident que cette mission est prépondérante dans le champ d’action du CPE.

L’animation socio-éducative engendre une relation autre entre l’élève et l’adulte, relation qui permet de gagner en confiance et de pouvoir travailler ensuite sur d’autres terrains.

Par exemple, j’ai pu constater qu’au spectacle, étaient venues des familles qui, en temps normal ne viennent jamais au collège, malgré toutes les tentatives des personnels éducatifs pour les rencontrer.

Présidente du FSE, vous avez impulsé un large panel de projets éducatifs et pédagogiques. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ? Diriez-vous que la fonction de Présidente a été facilitatrice pour faire avancer ces projets ?

J’ai toujours pensé que seule, je n’étais rien. C’est bien le cas pour la mise en place de projets au sein du  FSE ; l’avis des membres du bureau est essentiel.

Il n’est pas question d’initier des projets qui ne plaisent qu’aux adultes, ni de sorties consuméristes d’ailleurs.

La priorité porte plutôt sur les sorties de plein air, le sport, la nature …plutôt que les parcs de loisirs ( qui nous plongent dans la consommation à outrance).

Nezha Bakkari, CPE dans l’académie de Dijon

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