Projet de visioconférence en classe d’anglais

Présentation générale du projet :

Lors de la rentrée en septembre dernier, je me suis interrogée sur la façon de mettre en place un projet avec mes élèves, tout en prenant en considération le protocole sanitaire mis en place suite à la situation que nous connaissons tous aujourd’hui. En effet, l’état actuel des choses ne permettant pas aux établissements d’organiser des voyages scolaires, je souhaitais trouver un moyen pour que mes élèves puissent profiter de cette « ouverture au monde », mais à distance évidemment.

Les récents événements et notamment le premier confinement au printemps 2020, nous ont obligé à revoir nos méthodes et nos outils d’enseignements. Je me suis donc inspirée de cela pour mettre en place mon projet. Je souhaitais que mes élèves participent à une rencontre, un échange, avec une correspondante américaine, et pour ce faire, nous allions donc organiser une visioconférence en classe.

Mise en place du projet :

Je décide de mener ce projet avec mes classes de 4° LV1. Au moment de la rentrée, je travaille souvent sur le système scolaire (américain ou britannique) avec ce niveau, afin que les élèves se familiarisent à nouveau avec les codes de l’école et découvrent comment cela se passe dans d’autres pays anglophones. Pour ce projet, j’avais la possibilité de mettre mes élèves en contact avec une correspondante américaine de ma connaissance. Je me suis donc dit que cela pouvait être plus pertinent et enrichissant pour eux de discuter des différences et similitudes entre nos systèmes, avec une personne qui a vécu son cursus scolaire aux États-Unis, au lieu de leur demander tout simplement de faire des recherches ou de leur apporter les connaissances par moi même.

L’idée était donc lancée mais encore fallait-il réussir à la mettre en place. N’étant pas la plus experte en informatique, je me suis adressée et j’ai pu bénéficier de l’aide précieuse de mon collègue représentant TICE au sein de mon établissement. Lors de nos premiers échanges, il m’informa que ça ne serait peut-être pas évident à mettre en place mais que ça pouvait être possible. J’étais loin de m’imaginer que, effectivement, ce projet allait me donner plus de fils à retordre que je l’imaginais.

La préparation du projet avec les élèves fut la partie la plus simple. En effet, nous avons consacré quelques heures de cours pour que je les informe de mon idée et je leur ai ensuite demandé de réfléchir à des questions qu’ils aimeraient poser à notre correspondante. Leurs questions furent très diverses puisqu’ils souhaitaient reprendre des informations que nous avions vu en classe, comme le système de notation, la répartition des niveaux, l’organisation dans les établissements etc. mais aussi des questions plus « clichées » puisqu’ils souhaitaient ardemment savoir, par exemple, si les « bals de promo » existaient vraiment.

Le plus difficile fût de gérer l’aspect informatique. Après plusieurs entretiens, questionnements, tests plus ou moins concluants avec mon collègue référant TICE et ma correspondante, nous avons finalement opté pour l’utilisation des classes virtuelles du CNED. Cela s’est révélé être le moyen le moins contraignant avec les outils que nous
avions en notre possession, pour réaliser ce projet.

Le jour J :

Comme je l’ai expliqué précédemment, c’est un projet que j’ai réalisé avec mes deux classes de 4° LV1 car je voulais qu’un maximum d’élèves puissent participer. En temps normal, j’aurais souhaité pouvoir réunir mes classes dans une seule et même salle, sur un créneau spécial, pour que nous puissions profiter d’une visioconférence plus longue notamment. Cependant, nous étions freinés par le protocole sanitaire. C’est pourquoi, notre correspondante a eu la gentillesse d’accepter de se prêter au jeu deux fois afin que chacune des deux classes qui s’étaient investies dans le projet puisse, chacune dans leur salle et sur leur heure de cours, participer à une visioconférence avec elle.

C’est ainsi que, lors d’une heure de cours, avec une installation matérielle plutôt approximative mais efficace, nous pouvions voir et entendre notre correspondante, et inversement. Les élèves ayant préparé leurs questions au préalable, nous avions convenu d’un ordre de passage et d’intervention de ceux qui souhaitaient prendre la parole. Afin de gagner du temps également, j’avais expliqué que nous ne pourrions pas reprendre et expliquer les réponses de notre correspondante après chaque question. De ce fait, les élèves pouvaient prendre des notes suite aux réponses données, et nous avons pris du temps, au cours suivant, pour reprendre les éléments et expliquer en détails si c’était nécessaire, afin d’être sûr que chaque élève ait bien compris l’intervention.

Conclusion :

Non sans stress, mais en sachant que c’était le risque en me lançant dans un projet dépendant de l’informatique et des connexions Internet, nous avons donc pu mener notre projet à bien. Je pense, au vu des retours des élèves, que cet exercice fut divertissant mais également enrichissant. La visioconférence a été un moyen pour les élèves de communiquer oralement avec une personne anglophone. Le fait de pouvoir échanger en direct leur a permis d’appréhender leur apprentissage de l’anglais autrement, de se rendre compte des facilités et des compétences qu’ils devaient améliorer autant dans leur compréhension que dans leur expression orale.

Étant plutôt habituée à mener des projets de correspondances écrites, j’ai trouvé que cette alternative avait également son potentiel. J’espère donc pouvoir réitérer l’expérience à l’avenir.

Mégane Boubrit professeure d’anglais dans l’académie de Besançon

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Photo de Karolina Grabowska provenant de Pexels