La chorale apporte une relation privilégiée avec les élèves

Liliane, professeure d’éducation musicale et de chant choral, a fait des études en faculté de musicologie ainsi qu’au conservatoire. Sa retraite est prévue en 2022. Elle a occupé plusieurs postes au Havre, en éducation prioritaire, puis dans l’Eure où elle a participé au festival des chorales d’Evreux et enfin au collège Roncherolles à Bolbec (REP), en Seine Maritime, depuis 2002. La chorale du collège participe bien évidemment au festival académique des chorales de la région havraise.

Quelle charge de travail représente la direction de la chorale, quand on est prof d’éducation musicale, à l’échelle de l’année, de la semaine ?

À partir de fin septembre, c’est une heure de répétition hebdomadaire avec les élèves, et un gros investissement personnel sur l’année pour amener la chorale au festival :

  • Cela commence dès fin juin avec la réunion des 18 enseignants concernés pour choisir un thème pour l’année suivante.
  • On s’envoie par messagerie, à partir du 15 août, des listes de chants qui nous intéressent en lien avec le projet. Chacun écoute et prépare son vote.
  • Ensuite, le premier mercredi après-midi après la rentrée, on fait une réunion de 4 heures sur temps libre pour retenir 12 chants dans des ambiances différentes, de style, d’époque récente ou plus ancienne.
  • Pour début octobre, on harmonise les 12 chants à 2 voix. Un peu plus tard, on relève les accompagnements des chants, c’est-à-dire qu’on réécrit les partitions des accompagnements adaptées aux instruments à notre disposition : piano, clavier électronique, batterie, guitare, guitare basse, flûte traversière, accordéon (les profs sont évidemment instrumentistes).
  • Dans l’année, 6 réunions sont organisées sur le temps de classe et sur convocation du rectorat. Elle servent à la lecture des arrangements et la répétition avec l’orchestre, pour la préparation de guides-voix pour les révisions personnelles des élèves qui chantent les 12 chants par cœur, mais aussi pour la préparation de décors, la projection de photos et d’animations en fond de scène, d’affiches, des programmes. Les 6 réunions ne sont pourtant pas suffisantes donc quelques rencontres ont aussi lieu pendant les vacances ou le dimanche.
  • En mars, une journée de répétition commune à plusieurs collèges est organisée.
  • Enfin, en juin, 2 jours de concert sont organisés dans une grande salle de spectacle « Docks Océane du Havre ». On répartit les 700 à 800 élèves en 2 groupes car nos choristes sont trop nombreux pour être sur scène en une seule fois. Et on donne 2 fois le même concert. Avec environ 1500 à 2000 spectateurs par soir ! Les élèves sont en répétition générale toute la journée. C’est la seule fois qu’ils chantent avec l’orchestre de profs au complet. Nous dirigeons les chants à tour de rôle.
  • Fin juin, une nouvelle réunion est organisée pour faire le bilan…et choisir un nouveau thème !

Ce festival existe depuis 35 ans.

Le travail sur la chorale permet-il de développer des relations différentes avec les élèves, les parents ?

En tant que prof d’éducation musicale je vois environ 400 élèves chaque semaine. C’est difficile de bien les connaître. La chorale apporte une relation privilégiée. On découvre des ados qui passeraient inaperçus en classe. La chorale est ouverte à tous les élèves du collège quels que soient leur niveau et aussi aux Segpa et ULIS. La participation de la chorale au festival a un gros impact sur la motivation des élèves. C’est une expérience unique dans leur carrière de collégien d’être sur une scène nationale et de travailler avec des professionnels de l’éclairage et du son. Chanter avec un orchestre est bien sûr un moment inoubliable pour eux. Rien de particulier à dire concernant les parents. Quelques- uns nous félicitent et nous remercient tout de même à la fin du spectacle le soir du concert. On apprend au gré d’une rencontre qu’ils sont fiers que leur enfant participe au projet.
Après une année de partage musical, la plus belle récompense est de voir des étoiles briller dans les yeux de nos élèves.

Vous avez participé au festival académique des collèges du Havre, quelle implication cela a t-il représenté pour votre établissement ?

Le collège est impliqué côté finances et le CA soumet l’autorisation de signer la convention qui lie les établissements entre eux pour le projet. Le département octroie 600 euros par établissement. Pour obtenir les 30 000 euros que coûte le festival, un collège tient les comptes et un(e) collègue rémunéré(e) d’une « aumône » s’occupe de toutes les démarches administratives et financières : demandes de subventions (communes, DRAAC, DAAC, trousse à projet ….) négociations (location de salles, infographiste, imprimerie, éclairagiste et sonorisation ….)