Journée mondiale des toilettes

Le 19 novembre est la journée internationale des toilettes. Si l’idée d’une journée internationale dédiée à ces lieux qui relèvent de l’intime peut prêter à sourire, il s’agit en réalité d’un enjeu de santé publique qui mérite qu’on s’y intéresse et qui a donné lieu à plusieurs expérimentations dans les établissements scolaires.

Les toilettes sont et ont toujours été un espace « stratégique » dans une école ou un établissement scolaire. Les enquêtes qui sont régulièrement organisées sur ce sujet par des organismes publics ou privés montrent que si les choses s’améliorent un peu, en particulier depuis le début de la crise sanitaire et le renforcement des protocoles, d’importants problèmes subsistent.

On relève tout d’abord des problèmes d’équipements – locaux en nombre insuffisant ou ne respectant pas une intimité minimale, équipements de base manquants (papier, sièges, savon…), absence de lumière, de chauffage – auxquels s’ajoutent des problèmes récurrents de propreté et d’hygiène mais aussi des problèmes de sécurité. Dans certains établissements, les toilettes constituent le seul accès à l’eau potable, selon des horaires très limités, soumis à autorisation ou à la disponibilité d’un adulte accompagnateur, car « aller aux toilettes » est trop souvent considéré comme une façon d’échapper à la classe. Le résultat est qu’environ un enfant sur deux ne va jamais aux toilettes à l’école, certains élèves évitant même de boire dans la journée pour ne pas à s’y rendre.


S’intéresser aux toilettes à l’École c’est donc s’intéresser à un enjeu de santé publique qui concerne tous les jeunes et en particulier les filles. Ne pas uriner (ou boire) dans la journée peut entraîner des problèmes d’incontinence. Des toilettes sales ou mal équipées favorisent la propagation des bactéries (ex : gastro-entérite, cystite) et des virus (ex : hépatites). Pour les jeunes filles ne pas changer régulièrement de protection périodique, faute de pouvoir accéder aux toilettes dans des conditions sécurisantes, augmente le risque de mycoses.

Certains établissements ou écoles, accompagnés par les collectivités, ont décidé de prendre le problème très au sérieux, en faisant même un sujet d’enseignement à part entière. Sensibilisation renforcée aux questions d’hygiène, décoration des toilettes réalisées par les élèves, études bactériologiques réalisées en classe : les élèves se sentent davantage concernés et la propreté des toilettes s’améliore. D’autres ont expérimenté l’installation de toilettes sèches, enrichissant le travail de réflexion par les problématiques de développement durable. Enfin, on voir également naître des expérimentations sociales autour du thème des toilettes : toilettes mixtes (ne comportant que des cabines), toilettes réservées à certains niveaux de classes (6e/5e d’un côté, 4e/3e de l’autre).

Cette journée mondiale des toilettes peut être l’occasion de fédérer la communauté éducative (adultes et jeunes) autour de ces problématiques, de rappeler que 3,6 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des installations convenables et que le 6e objectif du développement durable promu par l’ONU est que chacun sur la planète dispose en 2030 de l’eau et de l’assainissement. Y compris en France, dans les écoles de la métropole et des territoires ultramarins.