Buzzer n’est pas jouer : retour sur le « prédicat gate »

bees-44507_1280Il suffit maintenant de quelques tweets ou d’un billet de blog rédigé sous pseudo pour déclencher un buzz en lien avec l’éducation… Nous l’avons vécu il y a quelques semaines avec le “prédicat gate”. Ce n’est pas le premier et très probablement pas le dernier !

Pour déclencher un bon buzz, les ingrédients sont les suivants :

  • un “pas content du tout” qui se lamente
  • une bonne dose de “c’était mieux avant” et de “nivellement par le bas”
  • quelques arguments issus du “bon sens près de chez vous”
  • un soupçon de théorie du complot
  • une caisse de résonance via la presse et les réseaux sociaux

Vous touillez le tout et quand les réac-publicains*, voire la fachosphère, commencent à relayer le buzz c’est parti ! Et là c’est la course à la formule choc, au titre racoleur avec une surenchère médiatique qui part en vrille… Enfin, en quelques jours, les choses finissent par retomber, les mises au point sérieuses commencent à être audibles, la discussion traîne encore un peu puis s’éteint, on est alors prêt à passer à la polémique suivante.

Ce phénomène génère de l’agitation, de la passion et surtout du clic rémunérateur en espèces sonnantes et trébuchantes ou en visibilité. Il est facile d’y contribuer, sans même s’en rendre compte : il suffit de relayer, de démentir, de dénoncer… toute réaction, positive ou négative, alimente le buzz. Alors que faire, se taire ? Certainement pas ! Par contre, attendre un peu, prendre du recul, ne pas réagir à chaud est souvent la meilleure chose à faire. En effet, le buzz est bien souvent l’arbre qui cache la forêt, le paravent qui nous empêche d’accéder au cœur de ce qui pose problème. Derrière les derniers buzz on voit clairement, quand on y regarde de plus près, la peur, ou carrément la dénonciation, de la massification de l’accès aux savoirs et à la réussite scolaire. À nous, chacun personnellement et via notre syndicat, de trouver comment affirmer nos valeurs en défendant une école inclusive et efficace pour tous.

*tels que décrits et définis dans l’ouvrage “L’école des réac-publicains” de Grégory Chambat, vous trouverez un live-tweet de sa lecture ici.

Le prédicat, pas de quoi fouetter un chat !

Le terme “prédicat” apparu dans les programmes de 2016 est couramment utilisé dans les programmes scolaires au Québec et par les linguistes. Il désigne ce qu’on dit du sujet d’une phrase. Cette notion permet d’identifier et de comprendre le fonctionnement de la phrase de base. C’est ce qu’on attend d’un élève de cycle 2. Ensuite au cycle 3, on ira plus loin en travaillant sur le groupe verbal, le verbe et les compléments du verbe. Ce n’est qu’au cycle 4 qu’on introduira l’étiquette “complément d’objet” particulièrement opaque puisque ce complément ne complète aucun objet ! On abordera alors les distinctions COD, COI… L’étiquette plus englobante de “prédicat” est donc un premier pas vers une meilleure appréhension de la construction grammaticale des phrases. Il n’y a pas là de quoi fouetter un chat !    

Pour en savoir plus sur le prédicat :

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Une réponse à “Buzzer n’est pas jouer : retour sur le « prédicat gate »

  1. Pingback: Du bon usage de la délibération | Etudiant sur le tard, le blog éducation de Luc Bentz·

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