François Dubet répond à vos questions

Après Claude Lelièvre, nous avons invité François Dubet à jouer le jeu de l’interview augmentée pour réfléchir avec nous sur le thème :

Des moyens, oui, mais pour quoi faire ?

François Dubet a répondu aux questions posées via notre blog et les réseaux sociaux par des internautes.

1. Le bilan 


2. La formation

Tibaldi D’Òc – Étudiant éducateur spécialisé : « Formation continue des profs ; plus de marge de manœuvre dans la construction de vrais projets pédagogiques ! »

3. Le temps

Bernard Desclaux – directeur de CIO : « “Des moyens, oui”, mais de quelle nature ? Pas seulement en termes de postes mais également des dispositifs, des manières de fonctionner, des règles… »

 

4. Pour quoi faire ?

Bernard Desclaux – directeur de CIO : « Quant à “pour quoi faire”, la question ne devrait pas seulement porter sur les objectifs éducatifs, mais aussi comment aboutir. Comment sortir d’un fonctionnement sélectif ? »

Ostiane Mathon – PE : « Et si on remplaçait l’obligation d’instruction des élèves par le respect par les enseignants du désir et/ou du besoin d’apprendre de chacun ? Pouvoir dire à ses élèves: revenez demain, si vous le souhaitez, et si le lendemain je n’ai personne en classe, pouvoir me dire, soit tu changes de métier, soit tu changes de regard. « 

5. Des moyens pour l’éducation

6. Des partenariats avec l’environnement

7. Le temps des enseignants

8. Unifier l’école obligatoire

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4 réponses à “François Dubet répond à vos questions

  1. Un court commentaire par rapport aux propos tenus par Ostiane Mathon PE. A quoi sert donc l’école si il n’y a plus d’instruction ? A quoi sert un prof si il n’y a plus de savoir ? A quoi servent les connaissances si elles ne sont pas fondées sur leur nécessité sociale et leur désir individuel ? C’est de cette étroite association entre les contenus d’enseignement et leurs méthodes pour les incorporer que réside la réussite des élèves et le plaisir de l’enseignant.

  2. Pingback: L'ECOLE DE DEMAIN | anthropopedagogie·

  3. Monsieur Dubet se montre bien peu précis dans ses propos sur le thème du « temps des enseignants », mêlant des allusions désagréablement confuses sur la relation de « certains » d’entre eux à l’accueil des parents d’élèves, la vie collective des établissements, la prise en charge des élèves en difficultés… Précisant les choses, je parlerai de ce que je connais parfaitement bien de l’intérieur, l’école élémentaire, pour insister sur le fait que tous les enseignants y reçoivent en entretiens personnels tous les parents qui le souhaitent, souvent plusieurs fois dans l’année, et que ces heures s’élèvent facilement à un total d’entre 20 et 30 heures par an gracieusement travaillées. A cela, il faudrait rajouter les fêtes d’école, l’aide personnalisée auprès des élèves qui ampute, dans certains départements, notre temps de repas de midi très nécessaire pourtant à notre récupération physique, les sorties scolaires à rallonges, les services de surveillance vigilante de cour en toutes saisons qui nous privent de pause ( toilette comprise), les remplissages de paperasse administrative et de carnets de bord utiles à l’existence des corps intermédiaires de l’institution, les préparations et corrections de classe, très lourdes en raison de la polyvalence croissante dont on nous charge ( je rappelle que les enseignants non parisiens assurent enseignements sportif, musical, plastique, d’informatique, de langue, de premiers secours etc…) et qui sont loin de se raccourcir avec l’avancée dans la carrière ( car avec le temps le regard sur sa pratique devient de plus en plus exigeant et aigu). Tout cela déborde effectivement dans la réalité notre mythique « temps d’obligation » et aucune école, aucun enseignant ne peut y échapper. Contrairement à ce qui semble sous-entendu par Mr Dubet, si le gouvernement actuel soulève si tardivement la question du temps des enseignants c’est parce qu’il pressent qu’il refilera à d’autres ce dossier explosif qui révèlerait, s’il était mis à jour, que nous sommes en réalité largement surexploités dans notre situation professionnelle au regard de notre niveau d’études, de notre engagement, de nos responsabilités, de la pénibilité de notre métier, de notre solitude, du salaire que la société française nous consent et du temps de notre vie que nous donnons aux enfants des autres. Et si enseignants et syndicats restent très méfiants, ce n’est pas par conservatisme ( car avec des enquêteurs honnêtes nous aurions au contraire tout à gagner en reconnaissance), c’est parce qu’ils connaissent d’expérience la surdité des gouvernants de tous bords à cette réalité du temps réellement passé à l’exercice du métier et la complaisance complice d’une certaine opinion et de certains « conseillers du prince » à ne pas la leur montrer dans sa crudité. Le fait est que si on commençait à comparer très finement le rapport travail/temps/salaire entre un enseignant de base et un universitaire par exemple, chacun mesurerait précisément la portée de ses propos sur l’école.

  4. Réponse très intéressante de Mme C. Chassain. Je partage entièrement son analyse. J’ai également envie d’intervenir sur le thème du « temps des enseignements » et aux allusions effectivement confuses des propos de Mr Dubet. Pour ma part, comme pour les collègues avec lesquelles je travaille, nous travaillons entre 45 et 50 h par semaine dont 36 à l’école . Nous sommes toutes sur place 9 heures environ sans interruption dans les locaux, ce qui permet d’assurer l’accueil des familles, l’aide personnalisée et le travail en équipe et tant d’autres choses… Le reste des heures travaillées est un temps de préparation, de correction, et de suivi des projets qui empiète bien souvent, soit-dit en passant sur notre vie personnelle. C’est le cas de la majorité des enseignants, en tout cas de l’école élémentaire. Je me sens également et ne suis pas la seule, parfois « surexploitée ». Mr Dubet, qui n’a pas que des mauvaises idées, a en revanche un très grand mépris (pourquoi?) et une méconnaissance de la réalité. Il fait passer pour générale une vérité qui je pense est marginale. On ne peut pas être enseignant dans le 1er degré et ne travailler que 26 h par semaine, c’est impossible!! Je l’invite d’ailleurs à venir dans notre école, nous l’accueillerons avec plaisir et tenterons de faire évoluer son regard sur les enseignants.

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