Olivier Quinet : travailler par compétences, pour ne plus tourner en rond

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Olivier Quinet, professeur d’Histoire-géographie au collège Rostand (24), nous explique comment et pourquoi il est passé au travail par compétences. Cet entretien est la version longue de celui publié dans le magazine 168 de l’Enseignant (septembre 2013).

Quels sont selon toi les avantages à enseigner par compétences ?

Travailler par compétences permet d’avoir une bien meilleure connaissance des élèves. En s’appuyant sur des connaissances et des savoir-faire bien délimités, les élèves connaissent les enjeux de la matière, les problèmes qu’ils ont et donc ce qu’il faut travailler.  L’acquisition de savoir-faire qui était présente en Histoire-Géographie, prend une autre dimension.

Quels changements as-tu mis en oeuvre dans la conduite de la classe ?

L’acquisition d’une compétence passe forcément par une mise en activité importante. La pédagogie frontale a presque disparu. C’est un grand changement, les élèves construisent leurs connaissances avec les compétences. Il n’y a pas d’opposition, mais une étroite complémentarité. Étant moins devant eux, je suis plus avec eux. Je les accompagne, je les aide. Et lorsque que j’interviens pour une mise ne perspective, un récit, j’ai constaté une bien meilleure attention.

Quels sont les changements dans le travail et l’évaluation des élèves ?

Les séances et les séquences sont très différentes. Les élèves savent qu’ils doivent acquérir des compétences, précises, et connues. Ils ont toujours avec eux leur référentiel qui est un outil de travail essentiel : dès qu’une compétence est évoquée, ils l’ouvrent et vérifient ce qu’ils ont à faire. Ils ont gagné en autonomie et en efficacité. Ils travaillent en groupes, peuvent s’entraider, ils se déplacent dans la classe pour demander de l’aide, aller chercher un livre, un netbook…

Pour chaque séquence, ils doivent travailler une compétence en particulier (même si d’autres sont mobilisées) et ils savent qu’ils seront évalués sur cette compétence. Dans les programmes d’histoire géographie, plusieurs compétences (ou capacités) sont évoquées. Il est impossible de les travailler toutes efficacement. Nous avons fait le choix en équipe de n’en travailler qu’une seule (en proposant des exercices) et de réaliser une progression des apprentissages de ces compétences sur l’année et sur les quatre années du collège. Ainsi les élèves vont travailler en moyenne 12 fois une compétence dans leur scolarité.

L’évaluation des compétences se fait soit lors d’évaluation classique sur table, soit lors des tâches complexes. Les élèves doivent alors réinvestir leurs connaissances et leurs compétences dans ce travail. Les tâches complexes me servent souvent pour certifier l’acquisition d’une compétence. Les élèves sont naturellement au courant et généralement s’investissent dans ce type de travail. A l’issue de ce travail, je leur indique (par un code couleur) leur degré de maîtrise de la compétence et des connaissances.

Quel a été le déclencheur pour toi ?

Le sentiment de tourner en rond, celui également de n’être pas très efficace avec les élèves. Puis, une phrase de Dominique Raulin : “ Vous ne tiendrez pas longtemps dans une optique de transmission de connaissances ». A l’heure d’internet, où l’accès à la connaissance est instantanée, il devient essentiel et capital pour l’école et en particulier pour l’histoire-géographie de former nos élèves à certaines compétences ; leur montrer aussi qu’une culture est nécessaire pour utiliser cet outil.

Quelle aide t’a été utile ?

Twitter est ma deuxième salle des profs. Les échanges y sont d’une très grande qualité et lorsque l’on a une question, la réponse est souvent instantanée. J’ai pu constituer avec internet un corpus de sources très important notamment des apports théoriques del’Approche Par Compétences et les Cahiers Pédagogiques m’ont amené les exemples nécessaires.

Quels besoins ressens-tu ?

Le besoin de communiquer, d’échanger des idées, des pratiques pour continuer à progresser. Un besoin de clarification des outils institutionnels dont le LPC, une articulation étroite entre les exigences des programmes et les compétences.

4 réponses à “Olivier Quinet : travailler par compétences, pour ne plus tourner en rond

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