Enseigner en milieu carcéral

Enseigner en milieu carcéral, une affaire de motivation.

« Il est dans la condition d’un être raisonnable de ne pas se montrer prompt à juger, ni facile à duper. » Marc-Aurèle

De nombreux enseignants ont choisi d’enseigner en milieu carcéral. Ils se retrouvent avec un public particulier qui nécessite une adaptation de tous les instants et retrouvent ce qui fait l’essence de notre métier : considérer que tous les élèves sont capables et leur donner la possibilité de (re)trouver leur voie.

Il y a actuellement 658 détenus dans la maison d’arrêt. En moyenne, la détention dure de 5 à 5 mois et demi. Ils ne sont pas placés de façon arbitraire dans les différents bâtiments.

Ils sont assez peu à avoir un suivi psychologique. Cela peut être fortement conseillé par le juge ou la direction mais si la personne refuse le suivi, ce dernier ne peut pas être imposé au sein de l’établissement. Par contre si la personne est condamnée et qu’il y a une obligation de suivi médical, la personne devra s’en acquitter à sa sortie sans quoi elle risque d’être à nouveau incarcérée pour son reliquat de peine.

Au sein de la maison d’arrêt, l’Éducation Nationale assure un service d’enseignement à tous les niveaux de la scolarité. Elle prend en charge, dans la mesure des places disponibles, toutes les personnes souhaitant apprendre le français, faire une remise à niveau, se perfectionner en informatique, suivre des cours de sécurité routière, de langues, de comptabilité-gestion, de philosophie. Les cours sont assurés dans les trois quartiers : Hommes, Femmes et Mineurs. Les missions principales se déclinent sur 3 axes : la prise en charge des mineurs, la lutte contre l’illettrisme, la validation de compétences au travers de diplômes ou attestations.

Des formations professionnelles sont également proposées aux détenus condamnés : initiation à la gestion de stocks informatisée, formation initiale pour la conduite de chariot élévateur, perfectionnement bureautique, atelier cycle (cette formation permet d’apprendre le métier de réparateur de vélos).

Le RLE (responsable local de l’enseignement):

Il assure, si nécessaire, l’inscription aux cours par correspondance.

Ce dernier qui a son CAPA-SH (option F) a enseigné une dizaine d’années en partie en élémentaire et également dans un établissement de la Protection judiciaire de la Jeunesse. Il a d’abord été enseignant dans la prison pendant 3 ans (auprès des mineurs) puis il a pris ses nouvelles fonctions lors du départ à la retraite de la personne qui occupait le poste. Il a été étudiant génépiste (LE G.E.N.E.P.I. Groupement Étudiant National d’Enseignement aux Personnes Incarcérées est un mouvement d’étudiants qui interviennent bénévolement en milieu carcéral). Ce fut une expérience forte et il a souhaité y retourner avec une autre légitimité.

Avant son arrivée à la maison d’arrêt, il était critique, presque anti-carcéral. Aujourd’hui, il trouve que beaucoup de professionnels essaient de réfléchir à la sortie de la personne détenue et à ce qui pourrait favoriser son insertion. Les enseignants doivent s’efforcer de croire que leurs « élèves » ont les ressources pour progresser sur le plan scolaire et construire leur projet de sortie.

L’équipe :

L’unité d’enseignement comprend six enseignants permanents, trente enseignants vacataires et une assistante de formation (repérage de l’illettrisme lors de l’arrivée des détenus) qui fait partie du ministère de la justice. Ceux qui sont repérés sont adressés en priorité aux cours tout comme ceux qui ne parlent pas français.

Projets à l’initiative du RLE:

– les lundis de l’info (club de la presse, rencontres et travaux avec des journalistes et des caricaturistes)

– mardis cinéma (le choix des films a été fait par un professeur d’histoire qui a un diplôme en études cinématographiques : fiction projetée le mardi, analyse et discussion le lendemain avec présence possible d’intervenants). Sélection en cours : Le dictateur, Marius et Jeannette, Qu’Allah bénisse la France, La grande illusion, Du silence et des ombres, Derson Ouzala, Le corbeau, Tous les soleils.

– Organisation de la venue de conférenciers sur des thématiques particulières à destination du personnel (exemple : conférence sur la détection et la prévention de l’embrigadement et de l’idéologie terroriste ciblant les jeunes français-ancrage géopolitique, analyse du processus, des techniques et indicateurs de détection- animé par Dounia Bouzar- anthropologue française, elle a fondé en avril 2014 une association : le « Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’Islam », dont elle est directrice générale)

– Mise en place d’un CAP cuisine qui, à terme, pourra être validé dans sa globalité (actuellement seules les épreuves théoriques peuvent être validées au sein de la maison d’arrêt).

– Diplôme de reconnaissance du niveau de français langue étrangère.

Travaux avec le SPIP- Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation- (projet de rescolarisation, préparation à la sortie, activités communes (code de la route, journée défense et citoyenneté), ils cofinancent les projets artistiques et culturelles).

La réalité du terrain :

La particularité principale de l’activité en milieu carcéral est le fait de travailler avec un public adulte dans un univers clos avec énormément de contraintes et de règles de sécurité. Le contact est respectueux avec tous.

La faculté d’adaptation est primordiale, il n’y a pas une journée qui est la même aussi bien avec les majeurs qu’avec les mineurs. Les enseignants ne savent jamais qui ils auront dans leur classe, car même si les emplois du temps existent, de nombreuses modifications sont possible pour chaque détenu et il y a souvent de nouveaux arrivants. Il n’y a pas de routine.

Il y a de belles réussites. Par exemple, un projet avec les mineurs sur la poésie urbaine, cela s’est tellement bien passé que les mineurs ont demandé à faire un concert devant les majeurs, ce fut difficile à mettre en place mais cela a bien fonctionné. Des rappeurs locaux et un autre venu de Paris ont aidé à la mise en place du concert. L’aboutissement a été au-delà des espérances des organisateurs.

Lorsqu’un détenu majeur veut participer à des cours, il écrit une requête adressée au responsable de l’unité d’enseignement puis un entretien est proposé. Au cours de ce dernier, le responsable prend connaissance des attentes du demandeur, évalue rapidement où il en est dans sa scolarité. Puis il voit ce qu’il peut lui proposer comme type d’emploi du temps en fonction des différentes occupations de ce dernier (parloir, travail, promenade, activités sportives…). Le responsable essaie d’être au plus près des demandes en fonction des places qu’il lui reste. Il explique également l’organisation des cours et prend son temps, s’il le peut. Parfois une trentaine de détenus se succèdent en l’espace de 3heures. Il y a beaucoup de modifications dans les groupes à cause de différents facteurs : durée des peines, niveaux des détenus, présence des professeurs, assiduité des participants…

Une fois que le détenu est inscrit, le responsable opère à un suivi de scolarité, des modifications de parcours sont tout à fait possibles.

Les groupes sont limités à 14. Il y a des absences justifiées mais si les détenus inscrits ont plus de trois absences injustifiées, ils sont radiés du cours. Un minimum de motivation est nécessaire et la présence en cours peut entraîner des petites réductions de peine supplémentaires. Il y a 200 détenus inscrits et beaucoup de demandes. Les détenus passent d’abord par le quartier des arrivants où ils sont vus notamment par l’assistante de formation qui évalue leur degré d’acquisition de la langue française. Les plus en difficulté vont en ASB 1 ou 2 (Accès aux Savoirs de Base), il s’agit d’une aide à la lecture et l’écriture. Certains, même, vont dans des cours de lutte contre l’illettrisme.

Les enseignants mettent en place des moments d’échanges qui permettent aux détenus de réfléchir, de s’émanciper. Le but n’est pas de les culpabiliser sur ce qu’ils ont fait, ce qui serait contreproductif, il n’y a donc pas de retour obligatoire sur ce qui les a amenés en prison mais plus une ouverture et des discussions sur des problématiques universelles. La finalité étant que les détenus soient mieux armés intellectuellement pour faire les bons choix par la suite.

« Se mobiliser en détention » permet d’obtenir des remises de peine supplémentaire. Certains veulent que le temps passé en détention soit un temps utile : remise à niveau, volonté d’accompagner leur enfant dans sa scolarité qui peut être difficile pour certains, préparation du projet de sortie via l’obtention de diplômes-CFG (certificat de formation générale), DNB (diplôme national du brevet), CAP, Bac Pro, DAEU(diplôme d’accès aux études universitaires ), capacité en droit, licence de théologie…- , reconnaissance de compétences.

La prison ne détruit pas toute ambition scolaire mais ce n’est pas toujours facile de réussir son cursus. Il n’est pas facile d’y être autonome. Beaucoup de paramètres ont tendance à déresponsabiliser la personne détenue. Il est difficile de mener de front les études et le travail et beaucoup préfèrent travailler car cela leur permet de « cantiner », d’aider leur famille à l’extérieur ou même de participer à la réparation financière auprès de leurs victimes.

Durant les congés scolaires, le temps peut-être assez long pour les détenus. Pour y pallier a minima, les enseignants ont la possibilité d’annualiser leur temps de travail : par exemple, sur les petites vacances, certains enseignants interviennent une semaine et un peu plus longuement durant les grandes vacances (mi juillet, voire fin juillet pour la documentaliste).

Des activités extérieures sont possibles avec des personnes déjà détenues dont le reliquat de peine est assez faible (demande d’autorisation de sortie étudiée par le juge d’application des peines et la direction de l’établissement sur la journée ou la demi journée pour des activités culturelles, pour la sécurité routière (tests psychotechniques ou visite médicale à la préfecture)).

Entre les enseignants, il y a une réflexion autour des problèmes d’antisémitisme, d’homophobie et de sexisme à l’intérieur des groupes. Ces problématiques sont redondantes. La question des détenus qui sont actuellement en isolement et qui n’ont accès à aucun cours est également discutée. L’équipe d’enseignement aimerait pouvoir les toucher également.

Les enseignants ont la possibilité d’utiliser des manuels scolaires pour des travaux sur les compétences adaptées issues des lycées professionnels équivalentes à celles du palier 3. Ils sont seulement autorisés à rentrer avec une clé USB et n’ont ni le droit à un ordinateur portable ni à un disque dur externe venant de l’extérieur. Les élèves n’ont pas accès à internet.

Les détenus qui ont préparé un examen en prison peuvent mener le cursus jusqu’au bout et même s’ils sont sortis avant le passage de l’examen ils effectuent ce dernier à la Cité relais qui est un centre de réinsertion social.

Théoriquement, aucun lien avec les personnes libérées ne doit être maintenu, sauf si ces liens restent professionnels : examens à passer, aide à l’orientation, compléments d’informations pour la constitution de dossiers, pour justifier d’un examen, dossier de code pour le permis. Il arrive néanmoins que certains détenus envoient des lettres de remerciements ou des cartes de vœux, après leur sortie.

Ils ont des relations plus facilement avec les familles des mineurs car une rencontre avec les enseignants est proposée aux parents. Un projet d’organisation de remise de diplômes est prévu en détention avec les mineurs et leurs parents. Ce n’est pas toujours pertinent de systématiser ce lien. Cela se fait aussi parfois avec certains majeurs.

 

Spécificités du quartier des mineurs :

Dans cet établissement, les mineurs ont l’obligation scolaire (la loi prévoit une incitation forte à la scolarisation). Les plus jeunes peuvent avoir 13 ans. C’est le public le plus difficile à gérer, l’adolescence étant un facteur de crises et l’obligation n’entraînant pas la motivation. Il y a des réussites ; en effet, certains mineurs qui avaient été déscolarisés retournent à l’école après leur passage en cours à la prison.

Il y a 95% de garçons, 21% ont moins de 16 ans, 55% sont lecteurs et 26 % étaient scolarisés au moment de leur incarcération.

Enseignements proposés pour le quartier des mineurs sur l’année 2016 : cours de français, de mathématiques, d’histoire, d’informatique, de comptabilité, atelier peintre en bâtiment et atelier cuisine.

Une fois par semaine, ils peuvent aller à la bibliothèque des mineurs avec la documentaliste pour échanger des livres. Ils rencontrent tous la conseillère d’orientation psychologue de l’EN qui participe avec les autres professionnels à la préparation de la sortie. La moyenne des cours suivis atteint 12 heures par semaine.

Les mineurs bénéficient d’un parcours artistique et culturel qui s’articule autour de différents projets (maquettes de la ville, rap, photomontage, écriture d’autoportraits, …) avec la venue d’artistes. Ils suivent également des cours de sécurité routière, sur le secourisme, autour de la santé (drogue et dépendance, sidaction, planning familial ainsi que sur la citoyenneté avec une réflexion sur les droits de l’Homme.

 

La problématique des attentats :

Un plan anti-radicalisation a été mis en œuvre. Suite aux évènements de Charlie, des fonds spécifiques ont été débloqués pour financer des projets afin de favoriser la fin de l’isolement et de l’entre soi des détenus. Des travaux sur le rapport à l’image, la citoyenneté et la laïcité ont été menés.

Les évènements de Charlie n’ont pas eu le même impact chez les mineurs et chez les majeurs. Chez les mineurs, il y a eu beaucoup de discours qui encensaient les frères Kouachy, des propos antisémites, ou en lien avec les théories complotistes. Des travaux sur les évènements – qu’est-ce que la laïcité ? Notion de citoyenneté…- ont été mis en place. L’apaisement est arrivé grâce à la venue de l’imam dans le quartier des mineurs qui se réclamaient 65 % de la religion musulmane sans connaître réellement cette dernière. Tous les samedis après-midi, il a rencontré, par petits groupes, l’ensemble des mineurs pour une réflexion commune. L’imam en question est habilité à intervenir en milieu carcéral, il a été sélectionné pour cette mission particulière.

Chez les majeurs, les faits ont été condamnés ou alors ils étaient tabous.

Exemples de travaux effectués par des élèves et publiés dans la gazette de la prison :

Critique du Dictateur de Chaplin : Le dernier film de Chaplin se veut aussi le plus politique et probablement l’œuvre la plus mature et accomplie de l’acteur/réalisateur, surtout c’est le plus parlant de tous, et le film de se conclure par un magistral discours dépassent le cadre de la parodie. C’est le discours idéaliste, profondément humain de Chaplin lui-même qui utilise son personnage pour éveiller les consciences. Évidemment l’œuvre n’est pas une simple œuvre de propagande, et d’ailleurs Chaplin s’est lancé lui-même dans ce projet audacieux et personnel, peut-être dégoûté par son mimétisme avec le vrai dictateur ? Le Dictateur est drôle et d’un humour qui fait mouche, il fait passer les horreurs de la guerre, de la ségrégation, des injustices : Chaplin ose et l’on rit intelligemment de la bêtise du totalitarisme, on rit du discours d’Hynkel qui effraie les micros, on rit de la mégalomanie, de ses ambitions qui lui éclatent au visage et son pendant, le barbier juif, un homme simple qui rêve de paix et de fraternité, un rêve somme toute plein de bon sens qui reste d’actualité, un rêve qui nous éveille.

 

LES ALÉAS DE L’ÉCOLE

L’école, mauvaise expérience pour ceux qui ne cherchaient pas la science.

Pour ceux qui n’ont pas su saisir la chance.

Souvent mis à l’écart, mis à l’arrière, on n’a pas su faire carrière,

On n’était pas dans le mouvement.

Le prof n’écoutait pas nos appels,

Des étiquettes, tous dans le même bateau.

L’école c’est comme un jeu de cartes, on gagne ou on perd.

D’une paire d’as, on se retrouve tapis.

L’école est une opportunité à saisir,

A nous de choisir pour réussir.

Rien n’est perdu dans la vie.

Redécouvrir les bases pour repartir à zéro, pour assouvir notre soif d’apprendre.

Se redonner une seconde chance afin de se redonner confiance.

Apprendre c’est comprendre,

Et le savoir est une arme pour se battre contre les aléas de la vie.

D’être condamné à l’échec, on devient condamné à la réussite.

Apprentissages des mots, des verbes, on apprend aussi de nos erreurs.

D’une envie de faire des choses biens,

D’avoir la chance de se refaire,

Accéder aux études supérieures et ceci durant notre peine.

La réussite à long terme.

L’école est un espoir de se refaire dans la vie.

On vous souhaite une réussite à tous !

Groupe vers CAP

La liberté existe quand on ne l’a plus

Arrachés à la liberté, une nouvelle vie commence à l’intérieur.

Des peurs, des angoisses, le cafard.

La famille nous manque, les habitudes aussi.

La colère nous submerge.

On perd notre quotidien aussi.

Enfermés pour de vrai, on devient enfermé dans la tête.

La vie a changé, on réalise que la liberté n’a pas de prix.

Coupés du monde, on tourne en rond.

Malgré tout, on saisit la chance de faire des choses qui n’existaient pas pour nous dehors.

Apprendre à lire et à écrire, passer le temps, apprendre à connaître et à écouter les autres.

Ca évite aussi de penser à la liberté qui nous attend on ne sait quand.

On se rend compte de la vraie valeur de la vie.

Retrouver la liberté, réapprendre à profiter de chaque instant, de sa famille, de ses enfants.

Même si on n’a plus rien, la vie dehors compte plus que tout au monde.

La prison nous limite.

Une fois la porte franchie, laissons notre ancienne personne derrière nous et retrouvons la vie, la liberté.

Il ne faudra pas seulement le dire, il faudra le faire !

Groupe ASB1

« Aimer et faire ce que tu veux » disait Saint Augustin. Dans cette maxime, le mot aimer veut dire

comprendre. « On ne dit pas qu’il faut de tout pour faire un monde » Ceci veut dire qu’il faut accepter

la diversité, accepter la différence. La diversité est une richesse. Il faudra savoir doser sa position, sa vérité, son indépendance pour ne pas tomber dans le communautarisme.

Pour conclure, je voudrais citer ce qui est écrit dans l’ancien testament et qui dit en substance  » Aimer son prochain ». Dans le Coran, on incite à comprendre l’autre : « Quand on parle la langue de l’autre, on s’épargne sa méchanceté. »

 

Les arceaux

Parfois je n’y suis pour personne. Je repose mes talons sur les arceaux du lit, adossé au mur, les jambes près du torse, je pose mes avant-bras croisés presque à la pointe de mes genoux. Je me cache la tête dans le creux d’un coude, comme les cygnes musardent au coin de leurs ailes, dans ’obscurité.

Je pense à tout ce qui est triste et à tout ce qui est beau. Et je pense à toi, triste et belle à la fois.

 

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