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Au moment où les responsables de la politique éducative tentent de réduire le socle commun à un ensemble de « savoirs fondamentaux » et passent par pertes et profits l’approche par compétences et la richesse des situations complexes pour accéder au sens, Pierre Frackowiak signe un billet salutaire sur l’imposture du concept des «fondamentaux». Une lecture revigorante !
Dans un billet précédent, j’avais évoqué l’histoire des mots et leurs maux à l’Education Nationale. J’en avais choisi trois, trop souvent détournés, usurpés, galvaudés, vidés de leur sens réel : « évaluation », « projet », et ce fameux mot « pilotage » dont je rappelle à quel point il peut être idiot quand les prétendus pilotes n’ont pas de cap explicite, pas de carburant, pas d’outils et même pas la capacité de mettre en relation les résultats avec les pratiques qui les produisent. Beaucoup de lecteurs attentifs avaient à leur tour dénoncé des mots exclusivement utilisés pour sauver des apparences sans révéler la moindre efficacité.
Pour ce second billet sur les mots, je n’en ai choisi qu’un. L’actualité le met en scène dans tous les théâtres d’opérations et de conjugaison. Il fait l’unanimité, il est mis à toutes les sauces. Il est bon à tout faire : clouer le bec des interlocuteurs, sauver les apparences, ignorer les divergences, revendiquer la possession de la vérité, fusionner le passé et le futur, rendre plausibles des idioties…
C’est un mot magique, c’est le mot « fondamentaux ». Quand on a dit « les fondamentaux », on a tout dit. Et comme souvent, quand on prétend avoir tout dit, on n’a rien dit.
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